MR s’est fait le Bol d’Argent



Après le sable de la Coupe du monde de MX VET, c’est sur l’asphalte du circuit Paul Ricard que notre rédac chef de Trac s’est engagé pour le 4ème Bol d’Argent nouvelle génération. Récit de son aventure au sein du team D-Racing 89.

Le retour du Bol au Castellet, forcément, c’était guère possible que je n’y sois pas. Sur la piste s’entend, parce que c’est précisément sur ces lieux même où, en 1999, pour la dernière édition du Bol d’Or, nous avions participé aux côtés d’Eric Célis, journaliste/pilote expérimenté, David Dumain et ma pomme, pures néophytes, à notre premier Bol d’Or.

Après un rapide rodage durant les 24 H Honda qui s’étaient déroulés sur le circuit du Mans quelques mois auparavant, c’est sur le circuit Paul Ricard que nous avions vécu, Duch’ et moi, puceaux de l’endurance, et même des courses de vitesse, un dépucelage en règle. Je me souviens parfaitement sa gueule, et par ricochet la mienne qui avait pris la même allure (en plus beau certes) au moment de découvrir ce paddock démesuré et par là complètement intimidant.

Une expérience inoubliable…

L’interrogation qui pouvait se lire à 100 mètres sur nos tronches devenues blêmes semblait dire : « n’aurait on pas vu trop grand ? Bien au-dessus de nos capacités ? » Un doute qui fut pourtant assez vite dissipé grâce à la pédagogie de Marc Fontan, notre team manager d’alors, qui nous rassura autant qu’il nous encouragea. Et finalement, ce beau et grand paddock que l’on respectait toujours nous intimida moins. Nous enchaînâmes les séances d’essais, puis la course que nous terminions en 26ème position malgré un bris de chaîne au milieu de la nuit qui contraint l’ami Célis à pousser notre R1 – pourtant bombesque en général – pendant de longs kilomètres… Une expérience inoubliable qui marqua notre engagement dans ce type d’épreuves.

Un Bol d'Argent à la roots quoi !

En retrouvant le paddock du Castellet, beaucoup de choses ont changé. Au pied du somptueux bâtiment d’accueil, centre névralgique du circuit, des box modernes s’étalent par dizaines. En même temps, nous, on ne sera pas concerné. Les courses annexes sont basés sur un paddock extérieur où quelques vieilles plaques de bitume se mêlent pour l’essentiel aux graviers. Un paddock à la roots quoi, où chaque équipe tend à aménager son petit univers lui permettant de travailler au mieux.

Là, à ce propos, je dois dire que mon pote Stef (dit aussi « 12+1 », rapport à sa propension à attirer les emmerdes), pilote, manager et propriétaire de la Triumph Street Triple que nous utiliserons cette année encore, m’a carrément bluffé. C’est pas une tente que le copain a monté dans le paddock, c’est un chapiteau ! Une structure de 12 m de long par 6 m de large. Une structure découpée en coin atelier, cuisine, et chambres. Balèze, bien pensé, le loustic a même posé de la moquette sur l’ensemble de la surface. Grande classe. Au milieu de l’atelier temporaire, trône sa Street Triple. Que de chemin parcouru depuis que le « 12 » a racheté cette moto accidentée (un millésime 2011), l’a remontée de ses mains et optimisée année après année pour en faire une vraie moto performante. Une machine pensée pour la course, qui n’a rien à envier à bon nombre de ses rivales.
 

 

Pourtant, faut bien avouer qu’on était un peu sceptique en arrivant sur place, en imaginant notre 675 au milieu des MT-09, GSR 750 et autres MV Agusta Brutale dans la ligne droite du Mistral. Pour le coup, on était même carrément persuadé de se faire grave déventé. C’était sans compter sur le mélange de stress et de ténia qui se sont chargés, tout au long de cette année 2015, de débarrasser le « 12 » de ses kilos superflus. Avec ses 66 kg en slop’, le « 12 » tient l’aspi à un maximum de motos. À tel point qu’il me jure choper le rupteur dès la mi-ligne droite. Moi, avec ma carcasse de 81 kg en calbut’, même pas je le titille au moment de plonger dans Signes…

Le niveau monte au Bol d’Argent

Après la première séances d’essais chronos, nous sommes assez loin. Stef’ stress encore, n’arrête pas d’aller faire popo, quand je tente de mémoriser un circuit découvert le matin même. Bon, le point positif, c’est que l’on est déjà qualifié. Avec 65 équipages (pour 60 équipes qualifiées), le Bol d’Argent a une nouvelle fois fait le plein. On trouve de tout comme machine, des Yam, des Suz, des Kawa, des Honda, des MV Agusta, des Triumph, des Ducati… En 600, en 800, le plateau est carrément riche. Et les motos toujours plus belles, les préparations soignées. Clairement, le niveau monte au Bol d’Argent, et accrocher une victoire, ou un bon résultat, à cette épreuve est désormais très prisé.

Objectif plaisir

Bon, nous, la victoire, c’est pas  l’objectif. L’objectif comme pour l’essentiel du plateau, c’est déjà de faire la course, ensuite de limiter au maximum les problèmes, et surtout de prendre un max de plaisir avec tout ça. Et ben on y sera pile poil arrivé ! Tout nickel ! Bon, y aura bien le Stef qui, histoire de vérifier l’état de ses troupes, décida, vendredi matin, à moins d’une heure de la séance qualif, de changer la démultiplication, de changer la chaîne… Un coup de stress communicatif dont le gazier est coutumier qui n’aura pas d’autre incidence que de l’obliger à enfiler son cuir à Mach3 pendant que les pilotes de son groupe entamaient leur premier tour. L’est comme ça mon « 12 », l’aime pas quand c’est apaisé. Lui, y a pas que l’excitation du freinage ou de l’accélération qui compte, y a aussi celle de la recherche de la clé de 12, de la meuleuse pour dériveter la chaîne, sans oublier la recherche du 2ème au gant au moment d’enfourcher sa Street… Tout un poème.
Pour moi, avec mon « 12 », le deal est simple. Les roues bien serrées et les plaquettes en place… Le reste…
 

 

C’est donc avec une démul’ taille XXL que l’on attaque la deuxième qualif. Stef, conforme à ses plans, n’accrochera pas le rupteur dans le Mistral. Moi, même pas la 6… C’est donc en beuglant que je reviens au camp de base. Lui a roulé en 2’24, moi en 2’21. Rien d’extra quand la pôle est signée en 2’13 (et avec une Street siouplai). On repart donc à l’envers, à coup de meuleuse une fois de plus. Pour le coup, tout est à peu près en ligne 2 bonnes heures avant le départ.

A l’assaut de la meute

Après 28 incursions dans la salle du trône, « 12 » (qui doit peser maintenant 60 kg) s’aligne sur la grille. Une course nickel vers la moto et voilà que le bougre plonge sur la moto dans un geste rarement aussi bien maîtrisé… À peine ses burnes heurtent elles le réservoir que son doigt lèche le démarreur… Puis le caresse, puis l’embrasse, puis le presse, puis le force, puis le défonce… Ça fait bien 3 ou 4 secondes que de toute part les autres gaziers ont décollé. L’escadrille s’est envolée… le chef « 12 » d’un agile (si, si) aller retour du pouce réinitialise le démarreur, démarre le 3-cylindres, propulsant dans un râle et dans la foulée mon camarade à l’assaut de la meute…

Tordu par le « 12 » !

Un départ raté mais une jolie remontée. Vous savez quoi, c’est mieux que l’inverse ! Bon, je ne vous raconterai pas la course parce que tout s’est déroulé comme nous l’espérions ; à savoir, juste mettre de l’essence. Même pas de pneu. Nos Dunlop ayant couvert la distance comme qui rigole. Bon, un sélecteur baladeur obligera « 12 » à un rapide arrêt au stand qui n’effaça pas plus notre sourire. Encore moins le sien puisque l’irrespectueux se permit même, en améliorant ses chronos de 6 secondes entre la qualif et la course, de me coller quelques dixièmes… Une première là aussi. La seule fausse note du week-end à mon goût. « 12 » qui me tord… Du coup, pour l’an prochain, j’ai prévu de perdre 6 kg, histoire de lui remontrer qui s’est Raoul. On trouve sa motivation où on veut non ?

MR s'est fait le Bol d'Argent

MR s'est fait le Bol d'Argent

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Un tour embarqué au Bol d'Argent 2015 par moto-revue

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