Interview Kenny Foray, champion de France Superbike 2017



Fraichement sacré champion de France Superbike lors de l’avant-dernière manche du championnat sur le circuit Carole après deux nouveaux podiums dont une victoire en première manche, Kenny Foray a accepté de répondre à nos questions…

Tu as déjà connu beaucoup de succès dans ta carrière, quelle émotion te procure ce premier titre de champion de France Superbike ?

C’est un accomplissement. Le travail de toute une équipe pendant un an. Bizarrement, par rapport à un titre que tu joues jusqu’à la dernière course, je ne vais pas te cacher que celui là je l’avais senti venir. Je savais qu’en arrivant avec 73 points d’avance, cela pouvait se jouer à Carole. C’était dans ma tête et j’ai voulu mettre un point d’honneur à l’avoir ici.

C’est ta seconde saison avec le team BMW Tecmas en FSBK, ce titre n’est-il pas aussi le résultat du travail effectué l’an passé ?

L’année dernière nous étions déjà très compétitif et nous avons manqué de chance avec deux résultats blancs suite à une crevaison et une coupure. C’est la course et nous avons perdu nos chances de nous battre pour le titre jusqu’à la fin sur ces deux faits de course. Nous avions gagné les deux dernières courses et nous savions que cette année serait notre année.

Tu arrives à maturité aujourd’hui avec ce titre à 33 ans. C’est le temps qu’il t’a fallu pour réunir tous les éléments nécessaires pour jouer un titre ?

Oui et non. Il faut savoir que j’ai fait 6 ans au GMT94 et pendant 5 ans je n’ai pas roulé en championnat de France. Forcement, je n’ai pas eu l’occasion de me battre pour être devant. Sur les trois dernières années que je fais en FSBK, je suis champion en Stock, vice-champion Superbike et champion Superbike cette année. J’aurai pu avoir cette maturité bien avant mais après, les programmes, tu ne les choisis pas. On a choisi l’endurance et j’ai été champion du monde donc c’est quelque chose de génial. L’avantage du championnat de France par rapport à l’endurance, pour moi, c’est qu’on me fait une moto qui me ressemble. Et tout repose sur mes épaules pour que je fasse un résultat et c’est quelque chose que j’aime bien.

Tu ne regrettes pas d’avoir peut-être plus privilégié l’endurance à la vitesse dans ta carrière ?

Non. Être champion du monde d’endurance est quelque chose d’indescriptible. Des podiums aux 8 Heures de Suzuka, aux 24 Heures Motos ou au Bol d’Or, ce sont des choses incroyables. J’ai parfois eu l’impression de faire des mauvais choix parce que des motos ont gagné quand je suis parti, mais j’assume et j’accepte totalement mes choix. Et même si aujourd’hui cela ne m’a pas permis de gagner une course de 24 heures, cela m’a quand même permis de gagner tout le reste. Ce n’est pas si mal !

Ta prochaine échéance c’est le Bol d’Or, une épreuve qui te tient à cœur…

Oui, cela me tient à cœur. En plus, cette année nous avons une très bonne équipe avec trois pilotes qui roulent très bien. Nous ne sommes pas favoris. Je n’y vais pas en disant que je vais gagner, mais en disant qu’on va faire la meilleure course possible. Nous sommes de très bons outsiders, il y a moyen de faire un bon résultat. C’est de l’endurance et nous n’avons certainement pas l’expérience du SERT, du GMT ou du SRC et il faut le respecter car l’expérience est quelque chose qui ne s’achète pas. En revanche, nous avons une équipe talentueuse et je suis sur que nous sommes capables de faire de bonnes choses. Julien nous a rejoint et c’est un point fort. Après, l’endurance c’est incertain. Tu peux prévoir de gagner une course en championnat de France, tu ne peux pas prévoir de gagner une course en endurance.

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Je ne comprends pas la filière française.

    Champion de France à 33 ans. Sans manquer de respect à Kenny Foray, comment veux-tu faire passer des pilotes champions de France en mondial SBK ? Je ne vois pas une équipe de Mondial miser sur un pilote de cet âge (peut-être est-ce une erreur, mais c’est surtout un fait). alors qu’après un titre national, la logique voudrait qu’on monte d’un cran, genre Mondial STK1000.

    Les jeunes pilotes SBK français sont-ils tous mauvais, ou personne ne veut miser sur eux ?

    Répondre

Ecrire un commentaire