ITW Valentin Debise : « faire ma place dans le championnat américain »



Après plusieurs saisons en championnat du monde Moto2, en mondial Supersport et en championnat de France Supersport, Valentin Debise s’est lancé dans un nouveau défi en 2016 en partant à la conquête de l’Amérique. Un pari risqué qui s’est avéré payant au sein d’un championnat MotoAmerica en plein renouveau puisque l’Albigeois a enchainé les podiums au guidon de la Suzuki du team M4 Sportbike et terminé à la troisième place finale du classement Supersport. De quoi rempiler pour 2017 et viser rien de moins que le titre.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de partir aux États-Unis pour 2016 ?

J’avais fait un peu le tour de la question en Europe et j’ai réussi à trouver des investisseurs. J’ai regardé un peu autour de moi ce qui se faisait et le championnat US est vraiment en train d’évoluer au fil des ans. Je préférais être dans un championnat qui évolue dans le bon sens que dans le mauvais comme en Europe où plus ça va et moins y’a d’argent, plus c’est compliqué. Il y a trop de pilotes par rapport aux nombres de motos disponibles. J’avais envie d’un nouveau challenge, de découvrir autre chose. Ne pas rester bloquer sur ce que je savais faire. Cela m’a permis de vivre quelque chose que je n’aurai jamais vécu si je n’étais pas parti là-bas.

Et puis c’était vraiment le bon moment pour tenter ce pari avec cette nouvelle formule MotoAmerica…

Je suis bien tombé. Quand j’ai rencontré les gens surplace, ils m’ont ouvert leur porte et cela s’est fait assez naturellement. Je suis arrivé dans la deuxième année de MotoAmerica après une première année où cela s’est bien lancé. La TV est arrivée cette année avec toutes les courses retransmises en direct sur BeIN Sports. Et l’année prochaine, avec Toni Elias et moi même qui avons ouvert la voie, il y a pas mal de pilotes qui essayent de s’engouffrer. Mais j’ai l’impression que c’est un peu tard.

Qu’est-ce qui change le plus aux USA ?

Tout le monde travaille dans le même sens pour que le championnat marche. Ils ont compris ce qui faisait vivre le championnat. En Europe, on prend le problème à l’enver. Nous disons, « il n’y a pas d’argent ». Ok, c’est un fait. Mais là-bas, ils se disent « qu’est-ce qu’il faut faire pour faire de l’argent ? ». Et maintenant, c’est simple. Les sports du monde entier fonctionnent grace à la TV. Leur objectif principal, c’est de tout faire pour la TV. Les horraires, le calendrier… Et lorsqu’il y a de la TV, il y a des promoteurs, des marques qui investissent dans de la pub… Cela reste un sport moto et ce n’est pas ce que c’était avant. Mais là-bas, personne ne se plaint et ils essayent de faire avec ce qu’ils ont.

Tu es monté sur le podium à de nombreuses reprises, tu t’attendais à être aussi compétitif ?

Je ne me suis pas vraiment posé la question. Je me suis juste entrainé comme je fais d’habitude et j’ai essayé de faire de mon mieux. De m’organiser pour optimiser mon pilotage. De toute façon, que tu ailles dans n’importe quel championnat, tu ne vas pas réinventer ton niveau. C’est bête à dire, mais j’ai fait ce que je sais faire. Mon sentiment, c’est que cela fait quelques années que j’ai dû mal à avoir du bon matériel. Et dans cette équipe, que tu sois premier ou dernier pilote, tout le monde a la même moto. Si il y a une évolution, ils vont attendre que tout le monde puisse avoir l’évolution en même temps. En tant que pilote, cela donne confiance. Si ton coéquipier est devant toi, tu sais que c’est à toi de faire le boulot.

Qu’est-ce qui t’a manqué pour jouer le titre ?

Les deux autres gars (Garrett Gerloff et JD Beach) étaient vraiment bons. Ils ont été meilleurs que moi. La connaissance des circuits aussi ne m’a pas aidé. Il n’y a pas vraiment de point où j’ai péché mais les circuits sont spéciaux. En Europe, les circuits sont faciles à apprendre alors que là-bas les revêtements sont parfois assez spéciaux et les circuits sont remplis de chicanes que nous n’avons pas en Europe. J’ai passé un peu de temps aussi à comprendre la moto. L’an prochain, dans la même équipe et avec un peu plus de puissance moteur, je vais être serein et pouvoir aborder les courses d’une meilleure façon.

Objectif titre en 2017 alors ?

Je crois que quand un pilote prend le départ d’une course, ce qu’il veut c’est gagner la course. Qu’il soit premier ou dernier. Je n’ai aucune prétention, je vais faire mon travail comme j’estime qu’il faut qu’il soit fait et si je ne me trompe pas, normalement je serai à la place que je mérite. Je ne vise aucune position spéciale, je fais mes courses et mon travail me mènera où il doit me mener.

Tu te plais en 600cc ? Tu ne voudrais pas rouler en 1000cc ?

(rires). J’adore les 1000 et chez moi, ma moto d’entrainement, est une 1000. J’adore ça et j’en fait tout le temps. C’est vrai que ces dernières années, vu que je viens du Moto2, les gens ne m’offrent que des 600. Ça me fait ch****. Pour 2017, ils voulaient que je roule sur la nouvelle Suzuki GSX-R mais vu que je viens de faire ma première année en 600 et que je n’ai pas gagné le championnat alors que je pense que la Suzuki peut gagner, pour moi c’est un bon challenge. En plus, quand une nouvelle moto arrive, la première année tu ne sais pas ce qui peut arriver. Je préfère confirmer ce que j’ai fait cette année pour vraiment faire ma place dans ce championnat.

Comment tes fans peuvent te suivre ?

À priori, l’an prochain, ils essayent que les courses soient retransmises en Europe. C’est retransmis sur BeIN Sports en Amérique du Nord et du Sud, en Asie et comme je suis là avec aussi Toni Elias, ça sera peut-être le cas en France et en Espagne. Et puis sur le site de MotoAmerica, il y a les courses complètes à visionner en replay. Il y a enfin ma page Facebook et mon site internet où je mets des résumés et des photos rapidement après chaque course.

Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson
Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson
Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson
Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson
Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson
Valentin Debise, MotoAmerica Supersport © Brian J. Nelson

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