Essai complet – Indian Chief Vintage



Après 46 ans d’absence et un premier come-back raté, la marque américaine Indian a signé son grand retour en 2004. Présente sur le Vieux Continent depuis 2009 via une concession parisienne de voitures américaines de luxe, la firme à la tête d’indien propose à la vente six luxueux modèles dans sa gamme Chief. Et gourmands que nous sommes à Moto Revue, on s’est offert l’essai de la plus grosse et la plus chère : la Chief Vintage !

Si pour beaucoup la marque américaine Indian créée en 1901 est définitivement morte en 1953, pour Stephen Julius et Steve Heese – les deux hommes d’affaires qui ont racheté les droits de la marque et sa propriété intellectuelle en 2004 –, elle est en revanche bien vivante… et active ! D’ailleurs, ce ne sont pas les six modèles de la gamme Chief qui nous contrediront. Et c’est en particulier un spécimen qui attire l’attention : la Vintage, la version la mieux équipée d’origine certes (pare-brise, crash bar, sacoches, etc.), mais aussi la plus chère. Affichée au tarif de 39 990 €, la Chief Vintage est commercialisée 10 000 € de plus que la plus abordable du lot – à savoir la Classic (vendue au prix déjà élevé de 29 990 €).
Mais comment la firme de Springfield (Massachusetts, USA) peut-elle justifier des tarifs aussi prohibitifs ? L’un des commerciaux de la concession, qui importe ces luxueuses machines, nous explique que ces Indian ne sont pas seulement fabriquées à la main, mais qu’elles sont aussi numérotées ! Mouais… on veut bien, mais en a-t-on au moins pour son argent ? C’est ce que nous avons voulu vérifier en prenant la route au guidon de cette Chief Vintage du côté de Nogent en Haute-Marne (52), rencontrer Gérard Valton, l’heureux propriétaire d’une Indian CAV (Chief Army Version) de 1940, restaurée par ses soins de A à Z il y a une dizaine d’années.
Et par rapport à la sienne, lorsque l’on jette un premier coup d’oeil sur ce monstre plus récent d’acier, de cuir et de chrome, on découvre une américaine aux lignes avantageuses, attirantes et soignées qui, je vous le garantis, ne passe pas inaperçue. Malheureusement, en s’approchant d’elle d’un peu plus près, on découvre sur cette Vintage à 270 000 de nos anciens francs (eh oui, ça cause !), des gaines disgracieuses se baladant un peu partout ou pire des pièces chromées qui ne sont en réalité que des éléments plastique (la pièce à l’extrémité du garde-boue avant ou les attaches des sacoches latérales, par exemple). Autant de fautes de goût qui, au bout du compte, n’offrent pas la finition haut de gamme sur laquelle la marque communique et à laquelle on serait en droit de s’attendre. C’est bien dommage…

 


Pourtant, quand on voit la qualité de la peinture du réservoir – avec son petit liseré doré dessiné à la main – ou le travail effectué sur la superbe tête d’indien en cristal trônant fièrement sur l’énorme garde-boue avant (qui, de plus, s’éclaire en roulant !), on se demande pourquoi le constructeur n’a pas porté la même attention à l’ensemble de la machine. Et des paradoxes comme ceux-là, il y en a plein d’autres chez cette Indian.
En action, par exemple… S’il est vrai que l’on est rapidement bluffé et scotché par les performances de son big twin de 1 720 cm3 estampillé « Indian Power Plus 105 » (lequel, il faut le reconnaître, se montre très souple à bas régime – reprenant sans cogner en sixième à 1 500 tr/min – et hyper coupleux jusqu’à 4 500 tr/min), on est en revanche un peu déçu par la partie-cycle de cette ricaine et particulièrement par son comportement routier.
Très physique à manoeuvrer à l’arrêt, à cause de ses 375,6 kg tous pleins faits et de son long empattement de 1 737 mm, la Vintage, sur laquelle on est assis confortablement à 708 mm du sol, dévoile à basse vitesse un train avant super lourd qui tend à « tomber », des suspensions trop souples qui pompent beaucoup, et une garde au sol de 162 mm plus que limitée, qui complique même les plus légères prises d’angle. Et ce, sans attaquer comme un goret !

 


Malheureusement, les parades en ville ne sont pas non plus son fort. Il faut dire que la dureté de son levier d’embrayage hydraulique, vraiment usant à la longue, les coups de pistons, les à-coups de transmission (par courroie crantée) et d’injection, tout comme son diamètre de braquage de 7,50 m risquent d’avoir définitivement raison de votre patience. Si vous avez le choix, mieux vaut partir « rider » pépère sur le réseau secondaire en fredonnant une chanson du groupe YMCA (« Moi, j’aime cruiser ») que de se promener en ville. Les grands espaces incarnent plus la came de cette Indian…

Verdict
Après avoir roulé deux jours en ville, sur nationales et sur autoroute avec cette Indian Chief Vintage, le verdict est sans appel : il est vraiment difficile de justifier son tarif prohibitif de 39 990 €. On regrette que, pour ce prix-là, la finition soit perfectible et ses prestations dynamiques très moyennes. Tout le contraire d’une Harley- Davidson Road King Classic par exemple, qui se déniche, elle, à partir 21 725 €. Et plus que les bonnes sensations distillées par son twin expressif, c’est surtout l’idée de prendre possession d’un engin et d’une marque atypiques qui peut légitimer l’envie de rouler Indian.

La Indian Chief Vintage en bref
• + 140 km/h
• 13,6 mkg*
• 375,6 kg tous pleins faits**
39 990 €
*donnée constructeur
**mesure MR

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