L’édito de Trac’ – MR 3971 : Chaud au coeur



Comme tous les quinze jours depuis des lustres, Thierry Traccan, rédacteur en chef de Moto Revue ouvre le magazine avec son édito. Dans le MR 3971, qui débarque en kiosque ce jeudi 16 janvier, Trac' profite de sa journée de repos sur le Dakar 2014 pour vous envoyer ses bons voeux au nom de toute la rédaction de Moto Revue.

C`est depuis la ville argentine surchauffée de Salta, lieu de la journée de repos
de ce Dakar 2014, qu’au nom de l’ensemble de la rédaction de Moto Revue
(restée à Paris), je vous adresse tous mes voeux de bonheur pour cette nouvelle année qui démarre. Du bonheur croyez-moi, il y a moyen d’en faire le plein quand on traverse ces territoires sud-américains où une liesse populaire extraordinaire accompagne les participants du Dakar, et plus encore nous autres motards qui y recevons un accueil absolument fabuleux.

Tout au long des centaines de kilomètres de liaisons effectués chaque jour, des dizaines, certainement même des centaines de milliers de personnes s’étirent le long des routes, se massent dans les villages et les villes, et couvrent notre bruyante et colorée migration par leurs cris, leurs bravos, et leurs larges sourires qui nous accompagnent encore bien après les avoir dépassés. Du coup, ces liaisons que l’on pourrait juger ennuyeuses au possible deviennent, en tout cas à mes yeux, des moments très précieux et très agréables à vivre, et je dirais même plus, un soutien important qui aide à recharger les batteries quand la course se durcit méchamment.

Bien plus que les autos, bien plus que les camions, les motards jouissent d’une énorme aura et font rêver les populations. Alors, si parfois on pourrait s’interroger sur la pertinence d’une telle transhumance de près de 9 000 km, si l’on peut toujours la trouver bien futile, presque inutile même pourquoi pas, le bonheur que notre passage procure à toutes ces populations suffit selon moi
à lui seul à légitimer l’intérêt de cette course.

Et c’est un bonheur partagé : impossible de ne pas saluer tous ces gens, de ne pas répondre à leurs sourires, de ne pas prendre quelques instants pour faire des photos ou au minimum de ralentir l’allure pour taper dans les mains qui forment de larges haies d’honneur. Alors l’idée, ce n’est pas de se prendre pour un autre, surtout paspour une star, mais juste de communier avec beaucoup de fraternité. L’élan de coeur de ces populations d’Amérique du Sud à l’égard des motards, il serait génial de le vivre avec autant de ferveur dans nos contrées.

Nous qui sommes si souvent décriés, caricaturés, stigmatisés, ce choc culturel avec nos cousins d’Amérique est une vraie bouffée d’oxygène, même par 40 degrés à l’ombre.

Ecrire un commentaire