L’édito de Trac’ – MR 4061 : De boue la France !



Comme tous les quinze jours depuis des lustres, Thierry Traccan, rédacteur en chef de Moto Revue ouvre le magazine avec son édito.

On nous dira que ça vient de nos racines agricoles… Certains citeront peut-être même Coluche, avec moins de talent et d’à-propos, racontant que le coq gaulois est le seul oiseau capable de chanter les deux pieds dans la merde… On pourra toujours nous dire ce qu’on veut, une connerie de plus ou de moins (souvent de plus notez), toujours est-il que l’on doit déjà se réjouir de la forme éclatante et épatante de toutes nos équipes de France de tout-terrain qui ont marqué de leur empreinte (on y revient encore… rien de plus normal dans la terre) leurs disciplines respectives, sans que quiconque ne puisse trouver à y redire. Ça a commencé par l’équipe de France d’enduro qui a remporté à domicile, du côté de Brive-la-Gaillarde (gaillarde on vous dit !), l’épreuve centenaire des ISDE qui se déroule sur 6 jours de course. Une victoire de plus pour une équipe, partiellement recomposée, qui a pris l’habitude depuis des années de donner une leçon au reste de la planète « enduristique ».

Victoire en individuelle pour Larrieu sur sa Yamaha, et victoire collective pour le quatuor Nambotin (malgré une main cassée à deux journées de la fin), Tarroux, Larrieu et Charlier (nous y reviendrons). Ça a continué ensuite en supermotard, et toujours à domicile, sur le circuit francilien Carole, où les gars Chareyre, Bidard et Fath ont enrhumé la concurrence. Là encore, on ne peut pas parler de surprise, bien plus de confirmation, tant la France domine la catégorie, aussi bien en individuel qu’en collectif. Et la force de nos équipes qui se ressent dans toutes ces compétitions, c’est justement d’en former de vraies. Dans des disciplines axées tout au long de l’année sur la performance d’un individu, des disciplines d’égoïstes où chacun avance armé de son seul noyau dur composé le plus souvent d’un entraîneur, d’un mécanicien, d’un suiveur, d’une épouse ou d’une copine, plus globalement d’un team dédié tout entier à la cause d’un ou de ses pilotes, sans qu’il ne soit question de nationalité.

Difficile de lutter toute l’année avec des adversaires qui, l’espace d’un week- end, deviennent des coéquipiers. La magie des équipes de France, très bien gérée par la FFM, c’est de parvenir à transformer les adversaires d’une année en équipiers d’une épreuve. Et ça fonctionne. La cerise sur le gâteau a été posée par l’équipe de France de motocross, qui dans la boue de Matterley Basin (GB) a remporté sa quatrième victoire consécutive. Une victoire tout en maîtrise – et en éclat – pour le trio Febvre, Paulin et Charlier, celui-là même, jeune « ancien » crossman passé en 2017 à l’enduro, qui s’est imposé trois semaines auparavant aux ISDE. L’occasion pour lui d’un doublé historique, jamais réalisé auparavant, et d’entrer tout entier dans la grande Histoire. Une entrée qui n’aurait jamais existé sans équipe…

Trac

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