On a couru en 500 !



Hé oui ! On a roulé en 500 de course ! Mais pas en deux-temps des années 90, en Coupe Honda CBR500R Cup, une coupe de marque de motos A2 ! Déçus ? Non mais restez, je vous raconte !

Plus petite des sportives ailées (hors 125) importée dans notre pays, compatible avec le permis A2 sans bridage, la Honda CBR500R est aussi la machine de base d’une coupe de marque éponyme qui se déroule en marge du Championnat de France Superbike. Le tarif de la moto et la préparation limitée font de la CBR500R Cup l’une des meilleures formules actuelles pour se faire plaisir à moindre budget, dans un cadre prestigieux. Et comme Honda France dispose d’une moto destinée aux journalistes et autres invités divers et variés, décision fut prise de s’y frotter.

Hélas, rien ne fut simple ! La machine dite « de presse » fut quasiment détruite mi juillet lors d’une session des Honda Days. Cette dernière ne pouvant pas être réparée à temps pour le rendez vous de Carole, le premier week-end de septembre, l’opération était fort compromise. Ma participation fut finalement confirmée le lundi précédent la course grâce à l’intervention de l’école de pilotage Trajectoire GP (co organisatrice de la Coupe avec la structure B12 Motorsports de Laurent Brian) qui proposait de prêter une de ses machines de location. Bonne nouvelle, donc, même s’il était impossible de découvrir la mob’ en amont…

Commençait alors un marathon, celui d’obtenir le minimum nécessaires pour devenir pilote de vitesse, soit la licence FFM qui nécessite un certificat médical autorisant à la pratique et l’équipement qui va bien. Casque racing Shark (en faisant l’impasse sur la déco Zarco pour éviter toute pression inutile car n’est pas Bertrand Gold qui veut), combinaison une pièce Alpinestars, bottes et gants de piste, dorsale normée 1621-2, et licence, donc… Le vendredi matin aux aurores, au moment d’attaquer la première des deux seules séances d’essais libres, l’idée qui paraissait top semblait un peu folle… C’est que lors des grands événements, les pilotes des courses annexes roulent généralement tôt le matin (ou tard le soir), mieux vaut donc être matinal… et tel une tortue, je préfère me réchauffer au soleil avant d’enfourcher une pétoire, fut-t-elle de course !

Monture inconnue, plateau aguerri par une saison complète: pas simple ! D’autant plus qu’on invoque pas l’excuse moto en CBR Cup car la préparation est minimale. Tout le monde est équipé du même matériel (carénage, commandes reculées, échappement), les plaquettes de frein et l’amortisseur arrière restent ceux d’origine. Une seule référence de pneumatique « sec » Dunlop D212GP Racer est autorisée et un seul train de pneu doit faire le week end (du samedi matin au dimanche après midi). On peut seulement adapter la démultiplication finale, changer l’huile de fourche et modifier la hauteur de l’avant ainsi que la position des bracelets. Et comme tout le monde se partage les informations sur les pressions et les réglages, la différence se fait au pilotage.

Or en CBR Cup, on peut espérer se faire détecter par le staff de Honda France pour bénéficier d’un futur support dans les catégories supérieures. Dans ces conditions, les hommes forts sont généralement issus du Championnat de France 25 Power, feu les 125 Pré GP et Pirelli Junior 600, ou encore le Challenge Yamaha YZF 125R et autres formules particulièrement relevées. A Carole, par exemple, sur les dernières saisons, les 3 premiers roulent au moins une seconde plus vite que tous les autres : un monde. Mais la majorité des pilotes sont présents depuis plusieurs saisons, séduits par le coût abordable de la formule et la bonne ambiance qui règne car toutes les machines sont hébergées sous le même chapiteau pendant le week-end. Sur la piste, si les chronos semblent modestes (1’12 à Carole pour les champions, 1’13/1’14 pour les très bons), ça roule très, très fort. Pour ma part, il s’agissait modestement de découvrir la CBR500R en version course avec pour objectif de rouler à 4 seconde de la pôle (soit environ 1’16 au tour).

Et l’apprentissage fut compliqué ! Guidon en main, sur un petit tourniquet comme le circuit Carole, miss CBR allégée et bien chaussée paraît d’abord facile et légère mais le manque de puissance et le frein moteur considérable imposent de revoir, (de voir tout court, même) son pilotage pour tomber les chronos. L’idée est de repousser ses repères de freinage, exagérer le déhanchement, lâcher les freins pour garder de la vitesse de passage, rétrograder à la perfection pour limiter les effets du frein moteur… En gros, pour aller vite, tout doit être parfait.

Mon objectif des 1’16 fut atteint le vendredi dans le dernier tour de la deuxième et dernière séance d’essais libres en suçant la roue de Clément Chevrier, un wild card au palmarès long comme le tracé du Losail… Mais lors des qualifs du samedi matin, roulant à l’aveugle, sans panneautage ni chrono embarqué: impossible de réitérer. En première course, un accrochage parmi les hommes de tête me fera perdre le contact avec les pilotes me précédant, ceux sur lesquels j’avais décidé de calquer ma course. J’allais donc tourner seul et terminer 18ème. Pas derjo, c’est déjà ça ! Le lendemain, j’allais plutôt regarder les autres rouler pour apprécier le spectacle, car il vaut la peine. Finalement, cette expérience m’a nettement fait progresser. Cependant, on ne transforme pas un âne bâté en outsider du Prix d’Amérique en 2 séances d’essais : une saison complète serait nécessaire, et encore !

C’est hélas trop tard pour 2017 ! La saison s’est achevée à Albi fin septembre. Antoine Chapeau (# 58) avait déjà remporté le championnat à Carole. Il gagne la Honda MSX promise au vainqueur et sera absent en 2018 puisque le gagnant doit voguer vers d’autres horizons. La Cup, elle, continue, et se voit prolongée dans les mêmes conditions pour 2 ans, au moins… Donc à vous maintenant !

 

Format : 2 séances d’essais libres le vendredi – une séance d’essais qualificatifs et une course par jour le samedi et le dimanche

Moto : CBR500R Cup à partir de 2014 – neuve avec bon de commande spécifique Cup ou CBR d’occasion ayant déjà couru en cup

Préparation : kit pièces spécifique obligatoire dispo en concession Honda

Engagement : à l’année : 60 € + 350 € / week- end – Wild Card 390 € + 90 € par manifestation

Coût total : environ 700 € / course , train de pneu neuf par week-end compris (hors moto et déplacement)

Contact : B12 Motorsports 5 rue Jean Jaurès 93230 Romainville – 06 88 68 33 67 – info@cbr500rcup.fr

Honda CBR500R
© Stéphane Valembois
Honda CBR500R
© Stéphane Valembois
Honda CBR500R
© Stéphane Valembois
Honda CBR500R
© Stéphane Valembois
Honda CBR500R
© Stéphane Valembois
© Stéphane Valembois
coupe Honda CBR500R cup
© Stéphane Valembois
coupe Honda CBR500R
© Stéphane Valembois

2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. La CBR 500 cup est l’une des formules sympa et pas trop chère
    pour évoluer après la 125 , tout comme la coupe promosport 400.
    Le gros avantage de la promosport 400 , en dehors de son niveau
    relevé , c’est qu’il existe maintenant un CdM de cette catégorie et
    donc de réelles possibilités d’évolution pour les jeunes talents.

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