Bajaj et Triumph s’associent !



Triumph et Bajaj ont annoncé un nouveau partenariat technique pour le développement d’une gamme de monocylindre de moyenne cylindrée.

Il y a quelques années, Triumph avait entamé la conception de motos de petites cylindrées destinées aux pays émergents, mais, suite à un effondrement de la parité monétaire et aussi à un revirement de stratégie produit, le constructeur Anglais avait abandonné le projet. Mais voilà qu’une très récente annonce remet cette option au goût du jour. Bajaj et Triumph viennent en effet de signer un contrat pour concevoir, fabriquer et distribuer des motos ensemble.

Cette annonce pourrait constituer un tournant majeur pour le constructeur Anglais, qui comme tous ses concurrents, se doit d’assurer sa croissance, son développement. Et même si Triumph est en passe de réussir une année record, notamment grâce à sa performance en Europe, il se doit de trouver d’autres marchés. Et pour Triumph, compte tenu de sa production actuelle, il est impossible d’atteindre de forts volumes sur les marchés en pleine expansion. En Inde, Triumph assemble déjà certaines motos de sa gamme et connait un beau succès, mais les Street Twin et Tiger 800 vendues là bas sont des motos résolument haut de gamme qui ne s’adressent qu’aux plus aisés.

En collaborant avec Bajaj, Triumph va pouvoir se développer au niveau local avec de nouveaux modèles qui correspondront totalement au marché local. Et pour Bajaj, qui possède déjà un partenariat avec KTM (plus conséquent encore puisque Bajaj détient une partie du capital de la marque Autrichienne), l’union avec Triumph va lui permettre de développer d’autres modèles sur d’autres segments, notamment chez les roadsters et les néo classiques, soit pile ce qu’il faut pour empiéter sur le domaine d’activité de Royal Enfield, poids lourd du marché Indien.

Nous avons contacté Triumph France sur le sujet, voici quels sont les informations essentielles de rapprochement :

  • Le partenariat est d’ordre technique et commercial.
  • Il n’y a pas de prise de participation, Bajaj ne rentre pas au capital de Triumph et réciproquement.
  • La volonté est de concevoir et de fabriquer des moyennes cylindrées destinées au marché local Indien et aux marchés émergents.
  • Les moyennes cylindrées seront certainement des motos à moteur monocylindre d’une cylindrée comprise entre 350 et 550 cm3.
  • Les modèles seront conçus en Angleterre (technologie moteur, design) et fabriqués en Inde avec les sous traitants locaux.
  • Bajaj Industries, pour son poids, son expérience déjà acquise avec KTM, a été préféré à d’autres constructeurs comme TVS par exemple.
  • Les futures motos Triumph made by Bajaj seront, sans doute, fabriquées dans une usine Bajaj, soit existante, soit nouvelle, mais vraisemblablement pas dans une usine ou les KTM Bajaj sont déjà fabriquées.
  • Les motos Bajaj et Triumph adopteront les codes et la philosophie Triumph : style classique ou ligne façon roadster sportif, finition haut de gamme pour le marché local, badge Triumph.
  • Selon le discours actuel, les Triumph Bajaj resteront plutôt haut de gamme dans leur positionnement marché. Ce sera une entrée dans la gamme Triumph au niveau local.
  • Si Triumph considère que l’opportunité de distribuer ces motos en Europe s’avère pertinente, les Triumph Bajaj seront importées. Rien de confirmer pour le moment.
  • Les premières Triumph Bajaj devraient être produites d’ici 2020 ou 2021.

Triumph distribue déjà certaines de ses motos en Inde, comme ici la Street Twin qui a adopté une plaque à l’avant. Pour le moment, les Triumph sont des motos haut de gamme destinées à une population assez aisée en Inde.

2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. La mondialisation poursuit sa marche inéluctable…
    L’ingénierie et la conception restent en Europe alors
    que la fabrication est localisée en Inde..c’est normal
    puisqu’il s’agit d’un marché local mais ce faisant les
    pays dits « émergents » rattrapent peu à peu leur retard
    technologique et viendra le jour où ils se passeront de
    nous totalement et comme leurs coûts de main d’oeuvre
    sont très inférieurs aux notres , y compris au niveau des
    ingénieurs , un jour ils fabriqueront toute la gamme pour
    l’exporter chez nous…ce phénomène se produit sur tous
    les marchés industriels , moto , auto, aviation , trains ,
    navires et même centrales nucléaires…
    On est mal barrés en Europe !

    Répondre
    1. C’est oublier que la roue tourne 😉

      La prospérité suit une sorte de mouvement d’est en ouest sur la planète. Le moyen orient a été riche, puis l’europe, puis les US. maintenant, c’est l’Asie qui s’enrichit, au détriment de l’europe puis des US.

      Il arrivera un moment où ne pouvant plus rien produire ni même créer, nos pays occidentaux vont sombrer dans la misère (c’est plus ou moins en route).Une fois les seuils de pauvreté bien éclatés, la population acceptera n’importe quel boulot pour bouffer. ce faisant, elle piquera une part de travail aux nouveaux pays riches, qui se diront qu’il serait bien de délocaliser leur production chez nous, et ainsi de suite.

      Quant au marché spécifique automobile, les pays occidentaux vont se transformer petit à petit en vitrine dans laquelle les pays nouvellement prospères iront chercher des idées puisque de notre côté, nous faisons tout pour interdire les moyens de locomotion indépendants et que, appauvrissement aidant, on ne pourra pas se permettre de lâcher entre 20000 et 30000 E dans une 40 ch interdite de circulation en ville, interdite au duo, interdite de je ne sais quoi encore…

      Le siècle à venir ne va pas être très agréable.

      Répondre

Ecrire un commentaire