MBK ne verra pas 2018

MBK 2018 - 2017


94 ans après sa naissance sous le nom de Motobécane-Motoconfort, MBK va disparaître du paysage. Yamaha, qui préside à la destinée de la marque depuis 1986, parle pudiquement de « mise en sommeil ». Nous avons demandé à Vincent Thommeret, directeur général du groupe Yamaha/MBK, de nous en dire un peu plus.

« Mise en sommeil » : que faut-il entendre par là ? MBK s’arrête ou pas l’année prochaine ?

MBK va effectivement cesser ses activités de production et de distribution à partir de 2018. Nous ne voulons cependant pas parler d’arrêt définitif, car dans l’industrie, rien n’est jamais définitif. Yamaha se réserve la possibilité de recourir à la marque MBK dans quelques années si le besoin s’en fait sentir, mais à partir de janvier prochain, effectivement, la marque sera mise en suspens.

Quelles sont les raisons de cette décision ?

Il y en a deux principales. La décrue importante du marché du cyclo et l’entrée en vigueur en janvier 2018 de la norme Euro 4 pour les 50 cm3. Le cyclo en France, ce n’est plus aujourd’hui que 90 000 ventes par an. Quant aux ventes de MBK, c’est environ 10 000 machines annuelles tous modèles confondus, y compris les plus de 50 cm3. Cette décrue, on la vit depuis plusieurs années. On aurait pu continuer à l’assumer. Mais avec l’arrivée d’Euro 4, ce n’est pas tenable.

Pourquoi ?

Parce qu’Euro 4 impose aux 50 cm3 deux-temps une considérable mise à jour pour pouvoir respecter les normes de dépollution. Techniquement, ce serait possible, mais vu les faibles volumes de ventes escomptés, l’investissement n’est pas rentable à nos yeux. D’autant qu’Euro 5 va arriver vite (d’ici 2024, ndlr).

Certains constructeurs aux moyens plus modestes que ceux du groupe Yamaha/MBK ont cependant décidé d’investir pour produire des 50 deux-temps répondant à Euro 4. En développant des injections électroniques, en installant des catalyseurs… C’est notamment ce que fait l’espagnol Rieju avec ses 50 à boîte de vitesses. Eux ont l’air de croire en la rentabilité d’un tel investissement, non ?

Dans leur cas, on peut comprendre qu’il y ait de la rentabilité à attendre. Le 50 à boîte est au fondement de leur activité et ils proposent des produits à forte valeur ajoutée (un 50 à boîte deux-temps s’affiche à plus de 3 000 euros, ndlr). Mais MBK n’est pas sur ce créneau : un scooter 50 deux-temps chez MBK, ça commence à 1 700 €. Le mettre en conformité avec Euro 4 le ferait passer largement au-delà des 2 000 euros. Soit au-delà du marché que nous visons.

Le fait que le 50 cm3 ne se vende plus vraiment qu’en Europe a-t-il pesé dans la balance ?

Effectivement. Dans beaucoup de pays, notamment en Asie, l’offre 50 cm3 n’est pas pertinente. On est au moins sur du 80, voire du 110 ou 150 cm3 quatre-temps. Ça ne pousse pas à investir dans le 50 deux-temps, c’est sûr.

Il y a jusqu’à présent quelque 280 revendeurs MBK en France. Que vont-ils devenir ?

Une dizaine d’entre eux vont devenir des revendeurs Yamaha, une centaine d’autres des « points service MBK » : ils auront accès aux pièces détachées et pourront ainsi entretenir le parc roulant.

Et les autres ?

La plupart des revendeurs MBK sont des multimarques. Ils vont perdre le panneau MBK mais vont continuer leur activité avec d’autres marques.

Ça fait longtemps que les deux-roues MBK sont des Yamaha rebadgées. Ça veut dire que l’offre deux-temps sur les petites cylindrées Yamaha disparaît aussi j’imagine…

Absolument. En 50 cm3, il ne restera plus chez Yamaha que deux scooters quatre-temps.

Dernière chose : en toile de fond, il y a tout de même le désintérêt d’une partie des jeunes pour le deux-roues, ce qui n’est pas bon pour le business, y compris celui des grosses cylindrées. Chez Yamaha, on garde l’espoir que la tendance s’inverse ?

C’est certain qu’une grande partie des adolescents n’a plus le même appétit pour le deux-roues. On subit la concurrence des réseaux sociaux : avant, il fallait faire des kilomètres pour retrouver ses copains, maintenant, on a l’impression d’être à leurs côtés en les retrouvant sur Facebook. Après, c’est effectivement à nous, les constructeurs, de proposer des engins capables de changer la donne.

MBK 2018

2 Commentaires - Ecrire un commentaire

    1. Il ne dit pas qu’ils ferment l’usine, il dit qu’ils arretent de produire sous la marque MBK. C’est dans cette usine que sont produites les XSR (ok elles sont moches) et surement d’autres motos j’ai pas la liste en tête.

      Pour le reste, on n’est pas dans la production de masse, mais des marques de moto française il y en a, Scorpa par exemple.

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