MotoGP – Phillip Island : Les réponses de Michel Turco

Course MotoGP Phillip Island © Jean-Aignan Museau


Vous avez posé vos questions à notre envoyé spécial Michel Turco à l’issue des Grand Prix du Japon et d’Australie. Voici ses réponses…

Blöb : Les chutes des Yam seraient-elles imputables uniquement aux Michelin, ou d’autres facteurs pourraient y participer ? Ces fameux ailerons avant, ne donneraient-ils pas trop d’appui lorsque les pilotes sont sur l’angle maximum, ce qui engendrerait une perte de l’avant ? Les Ducati ont aussi chuté de l’avant (même si ce n’est pas sur cette course), et plus que les Honda, non ?

À Motegi, Rossi chute parce qu’il force pour essayer de suivre Marquez. Comme Marquez était tombé au Mans en essayant de suivre les Yamaha. Dans ces deux cas, on a un pilote qui roule au-dessus de ce que sa moto lui permet le jour X. Pour Lorenzo, les raisons de sa chute demeurent plus incompréhensibles même s’il essayait à ce moment-là de résister au retour de Dovizioso. Pour les ailerons, je ne pense pas qu’ils jouent un rôle dans les chutes dont on parle, l’appui qu’ils procurent étant surtout sensible dans les virages rapides. Sinon, en Australie, Marquez est aussi tombé en perdant l’avant parce qu’il a insisté pour tourner alors qu’il arrivait trop vite au freinage.

Pierre : Dani Pedrosa et Andrea Iannone seront-ils de retour au guidon ce week-end ?

Andrea Iannone doit effectivement retrouver sa Ducati. En revanche, Dani Pedrosa sera au mieux rétabli pour la dernière course à Valence. L’Espagnol n’a de toute façon aucun intérêt à précipiter son retour.

Arnaud : Peut-on en savoir plus sur la ligne que tient Michelin au sujet de la performance des pneus proposés ? Prennent-ils en compte le retour des pilotes ? Commencent-ils à communiquer sur la ligne qu’ils vont tenir en 2017 ? Je parle notamment du manque d’alerte avant la perte d’adhérence. Lorenzo a fait une course terrible en Australie, le réalisateur ne l’a pas montré une seule fois. Savez-vous d’où vient ce manque de performance sur le sec ?

Bien évidemment que les ingénieurs Michelin travaillent en tenant compte du retour des pilotes. Même si les pneus ne sont pas encore ce que les pilotes aimeraient, tout le monde s’accorde pour reconnaître les efforts réalisés par le manufacturier français qui propose à chaque Grand Prix de nouvelles solutions techniques. Un nouveau profil avant a été testé à Brno au mois d’août et les pilotes ont salué le gain obtenu en terme de feeling. Après, on le sait, les Michelin ont des caractéristiques différentes des Bridgestone et les pilotes doivent travailler pour s’y adapter, ce que certains font d’ailleurs très bien. Il suffit de comparer les chronos avec ceux de l’an dernier pour s’en convaincre. Pour ce qui est de Lorenzo, c’est toujours la même histoire. En Australie, personne n’a pu rouler sur le sec aux essais et il a donc fallu partir en course avec des gommes que personne ne connaissait. Et sur un circuit où il faut utiliser des gommes dures pour une question de sécurité. Dans ces cas-là, Lorenzo a beaucoup de mal à prendre confiance, surtout lorsqu’il fait froid et qu’il manque de feeling.

Anna : Ne pensez-vous pas que Johann Zarco est un pilote au mental très (trop) omniprésent et qu’il est capable du meilleur comme du « pas terrible », justement à cause de son mental un peu trop « façonné » ? À force de « jouer » les pilotes très zen en interview sur la grille de départ, n’en oublie-t-il pas son naturel d’attaquant que l’on demande à tout pilote de cette trempe ?

Le Grand Prix de Malaisie sera un week-end clef pour mesurer l’état psychologique de Johann. Il a tout de même terminé deuxième au Japon, mettant ainsi un terme à une longue série de courses très moyennes. Après, en Australie, on savait que ça serait compliqué pour lui. Ce circuit lui a toujours posé des problèmes parce qu’il faut rouler avec des gommes dures et que la moto glisse beaucoup. Il se crispe au guidon et ne parvient pas à se lâcher sur un circuit qui demande justement du gros cœur. Comme le remarquait justement ce week-end son chef mécanicien Massimo Branchini, Johann a souvent les mêmes problèmes que des pilotes comme Lorenzo et Biaggi. A côté, c’est évident qu’en ce moment Johann gamberge un peu trop. Il y a peut-être à ça des raisons, plus personnelles, qu’on ignore.

Rémi : Quartararo a-t-il les capacités de gagner une course avant de monter en Moto2 ?

Oui, il a les capacités, personne n’en doute. Il aurait d’ailleurs peut-être pu le faire en Australie avec un peu plus de réussite. Depuis l’Australie, Fabio a à ses côtés Randy de Puniet pour le conseiller. Ça a été bénéfique à Phillip Island, ça pourrait l’être à nouveau ce week-end en Malaisie. Et puis il reste Valence, circuit que le Niçois connaît sur le bout des doigts…

Marcus : Zarco est un garçon attachant et honnête, qui ne se cherche pas d’excuse et ne critique pas sa moto. Mais peut-on faire une carrière en MotoGP si on ne peut pas performer sur tous les circuits ? Sans les ennuis et les blessures de Rins depuis quelques mois, ce serait mal barré pour le deuxième titre Moto2. Qu’en pensez-vous ?

Tous les pilotes, ou presque, ont des circuits où ils se sentent moins bien, où ils rencontrent souvent des difficultés. Lorenzo est l’un d’eux, et cela ne l’a pas empêché de décrocher d’ores et déjà trois titres de champion du monde MotoGP. C’est sûr que Johann profite des problèmes de Rins, comme Lüthi profite des malheurs de l’Espagnol et du Français pour remonter au classement. N’oublions quand même pas que Johann a survolé la saison 2015 et qu’il a déjà gagné cette année à cinq reprises, soit plus que ses adversaires (4 victoires pour Lüthi, 2 pour Lowes et Rins). Sa place de leader n’est pas usurpée, loin de là.

Philippe : Comment font les pilotes MotoGP, quand ils saluent le public par exemple, pour faire des roues arrière ? Ont-ils un bouton pour couper l’électronique ?

Les pilotes MotoGP disposent effectivement d’une commande qui leur permet de changer de map. Ils en ont bien évidemment plusieurs, définies à l’avance par l’équipe technique.

L’Insubmersible : Peut-on s’autoriser à penser, même si on est pas des milieux autorisés, que Honda a filé des « bonnes pièces » à LCR pour que Cal vienne s’intercaler entre Marquez et les Yamaha cette fin de saison ? (disons depuis Silverstone…)

Cal dispose effectivement d’un meilleur soutien aujourd’hui qu’en début de saison. Il a notamment récupéré un nouveau châssis lors des tests de Brno, fin août, avec lequel il se sent davantage en confiance au niveau du train arrière. N’oublions pas que les points marqués par Crutchlow sont précieux pour Honda au classement du championnat constructeur. Surtout que Pedrosa n’est plus là…

Jean : Comment se fait il qu’un team puisse faire l’erreur d’utiliser un ECU non homologué ? Est-ce que Quartararo a eu un problème particulier lors de la deuxième course, ou est ce qu’il a simplement rencontré plus de résistance lors de sa remontée ?

Ce n’est pas un problème de boîtier électronique non homologué, mais un problème de programme introduit dans le boîtier et non mentionné auprès de la direction technique comme cela doit se faire. L’histoire est d’autant plus stupide que cette “map” était destinée à une piste mouillée et que la course s’est déroulée sur le sec. Mais le règlement, c’est le règlement. Fabio a donc payé très cher l’erreur de Christian Lundberg, le directeur technique de son équipe. La même erreur ou presque, faite par le team Ajo à Jerez, avait contraint Binder à partir de la dernière place de la grille. Ce qui n’avait pas empêché le futur champion du monde de gagner la course.

Alexandre : Je ne comprends pas pourquoi la pénalité à l’encontre de Quartararo a été appliquée pour le deuxième départ alors que tous les autres pilotes prenaient place sur la grille suivant le classement au cinquième tour du premier départ. Est-ce bien écrit dans le règlement qu’une telle pénalité s’applique à nouveau dans le cas d’un deuxième départ ou est-ce une nouvelle décision bien litigieuse de la direction de course ?

On peut trouver la mesure très sévère, c’est juste, mais la direction de course n’a fait qu’appliquer le règlement. Quant à la remontée de Fabio, elle s’est moins bien goupillée. Il avait déjà dépensé par mal d’énergie au premier départ, et il savait au second qu’il n’avait que quelques tours pour cette fois y parvenir. Il a malheureusement été gêné et c’est ensuite Ono qui l’a percuté lui faisant perdre cinq ou six positions.

8 Commentaires - Ecrire un commentaire

    1. MDR, ta question c’est du réchauffé, cela se savait depuis au moins de 2 ou 3 GP que Cal bénéficiait d’un nouveau cadre, alors ta question prouve juste que tu ne suis pas trop les infos sur le moto GP.
      MOuaaaahhhh!!!!!

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    2. Vous avez l’impression d’exister avec vos commentaires débiles ? Si se passionner pour le moto gp rend idiot comme vous, je ne vais pas regarder le GP ce week end….jj

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  1. pour les illettrés: j’ai dit pieceS avec un S à la fin….
    le cadre on savait ; c’est le reste qui m’intéresse !

    et l’autre ser-gai qui fait le perroquet maintenant !
    tu me fais penser à la bestiole sur l’épaule de Jabba the Hutt ….

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  2. S pour services 3 pièces ? pov naze ,tu parles de truc que tu connais pas,mais c’est vrai le bestioles qui vivent au fonds des mers sont hermaphrodites ,donc pour les 3 pièces….si tu n’est pas illettré tu n’est pas sans savoir que les hermaphrodites sont les limaces et autres escargots cela va sans dire que cela doit correspondre à ta vitesse de réflexion. D’ailleurs sous l’eau tout est plus lent,mm les cerveaux ,surtout le tien.Ras le bol de lire des conneries,parlons motos et laissons à chacun son avis.

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  3. hé alain le trans, t’as pas DU TOUT parlé motos dans ton vomis de commentaire ;
    Moi oui ! Alors va marcher sur l’autoroute, triso.
    ‘marrant ton style me rappelle nortonmanx : lui aussi parlais du « services 3 pièces « …
    sûrement un hasard 😉 les grands esprits se rencontrent !

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