Essai Yamaha XSR900 : Les réponses des essayeurs Moto Revue



Vous avez été nombreux à nous poser des questions au sujet de la nouvelle Yamaha XSR900. Alors voilà les réponses de notre chef des essais, Thomas Chignac, concernant la toute dernière machine de la gamme Sport Héritage du constructeur aux trois diapasons…

Victor/Philippe : La XSR a-t-elle gommé les imperfections d’injection de la MT09 ?

Thomas Chignac : Les responsables de Yamaha, présents lors de cette présentation presse, étaient unanimes : oui, le système ride by wire a bel et bien été retravaillé sur cette XSR900 et ces améliorations seront bien entendu reportées à la MT-09 2016. Dans les faits, l’amélioration n’apparaît que peu perceptible, le mode A étant toujours trop agressif et procurant autant d’à-coups. Le mode standard, moins vif dans la relation entre la poignée des gaz et la réaction du trois-cylindres, est là encore un peu nerveux dans certaines situations. Reste donc le mode B, assurément plus doux. Mais il y a fort à parier que les ingénieurs parviennent tôt ou tard à régler le problème (le ride by wire n’est pas nouveau pour eux), et qu’alors un simple passage en concession suffise à modifier substantiellement les choses.

Francis/Franck : Quelle est la réalité du confort de la XSR 900 sur route sinueuse et au bitume variable ? Une bonne assise générale, pas trop haut perché pour les 1.72m ?

Thomas Chignac : Même si la selle n’est pas un modèle de moelleux, la souplesse des suspensions procure un confort plutôt appréciable à la XSR900. Pour autant, les petits chocs ont du mal à être parfaitement digérés du fait du montage sans basculeur de l’amortisseur directement sur le bras oscillant. De même, la souplesse de l’amortissement apporte un bémol certain aux conduites les plus dynamiques en virages, même si l’on note un raffermissement général par rapport à la MT-09 que l’on connaît (ces nouveaux settings de suspensions seront de mise sur la nouvelle MT-09). L’assise est également un peu haute, mais cette hauteur est compensée par la finesse de l’ensemble selle/réservoir. Avec ton mètre 72, tu ne devrais pas avoir trop de problème à l’arrêt, posant au moins les deux pieds au sol (mais pas totalement à plat).

Gilles : Est-elle éligible à Euro 4 ? A quoi servent les deux boitiers de part et d’autre à l’avant du cadre ?

Thomas Chignac : Oui, l’XSR900 répond à la norme Euro4, ce qui lui autorise de facto à rouler sans bridage par chez nous (115 ch). Les deux boitiers dont tu parles cachent une partie des fusibles et autres composants électriques.

François : Ma première question concerne le confort de la XSR 900 par rapport à la MT-09 Tracer ? Et la deuxième est le ressenti des évolutions de cartographies annoncées ?

Thomas Chignac : Forcément, question confort, une Tracer semble mieux armée ne serait-ce que grâce à sa tête de fourche et à sa bulle ajustable. Ensuite, niveau amortissement, ça se vaut, ni l’une ni l’autre ne proposant de suspensions totalement convaincantes (souplesse privilégiée, manque de réactivité sur les petites imperfections). Pour ce qui est des évolutions de cartographie, honnêtement, ça ne se ressent pas. Le trois-cylindres n’a en tout cas rien perdu de sa fougue et de son charisme malgré Euro4 : tant mieux !

Julie : Une MT-09 avec une peinture rétro ne fait-elle pas très bien l’affaire à moindre coût par rapport à cette XSR ?

Thomas Chignac : Je pense que oui, les 1 200 € d’écart entre une XSR et une MT-09 n’étant pas franchement justifiés par la simple évolution stylistique, malgré l’apparition de matériaux plus nobles (aluminium). D’autant que les évolutions (nouveaux settings de suspensions plus fermes, traction control, ride by wire affiné) sont au programme de la MT-09 2016, bientôt disponible.

Olivier : Ayant essayé la MT-09 et intéressé par cette XSR900, le moteur est-il toujours aussi plaisant, les suspensions sont-elles mieux réglées et les 1200 € supplémentaires sont-ils justifiés ?

Thomas Chignac : Comme je l’expliquais plus haut (réponses à François ainsi qu’à Julie), rien n’est à redire sur les prestations mécaniques du trois-cylindres Yamaha. Il y a du mieux côté suspensions (plus fermes) même si ce n’est pas encore tout à fait ça. Et les 1 200 € (hors peinture jaune/noir 60ème anniversaire facturée 300 € supplémentaires) ne sont, à mon avis, pas vraiment justifiés.

Eric : Que pensez-vous du duo ? Y’a-t-il des poignées en option ?

Thomas Chignac : Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de tester la XSR900 en duo. Les poignées passager ne sont pas prévues en option.

Guy : Possédant un XJR 1300 2015, je souhaiterais connaître votre ressenti comparatif ?

Thomas Chignac : Alors là, Guy, c’est comme comparer une péniche et un Zodiac ! Principale source d’antagonisme, le poids : 45 kilos les séparent, à l’avantage de la 900. Un gouffre ! D’autant que la XJR n’est pas un modèle de maniabilité… Ensuite, les motorisations n’ont pas grand chose à voir : entre un gros quatre-cylindres à l’ancienne et un trois-cylindres de 847 cm3 aux accents sportifs, c’est le jour et la nuit. Certes, il s’agit là de deux roadsters classifiés « Sport Heritage » selon Yamaha, mais c’est bien la seule chose qui les rapproche. Sans compter les 1 300 € qui les séparent… Bref, pour résumer, la XJR est à privilégier pour ceux qui aiment les grosses cylindrées confortables et plutôt tranquilles (attention, le moteur de l’XJR a beaucoup de ressources voire même de caractère mais se destine malgré tout à une utilisation tout en force, sur son couple) tandis que l’XSR900 sera davantage l’apanage des amateurs de sportivité, de fun et de légèreté.

2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. D’accord avec vous Thomas concernant les 1200 euros supplémentaires faiblement / pas justifiés.
    J’ai actuellement un MT 09 Tracker (qui avionne bien, merci) et c’est mon troisième 3 cylindres de la famille MT soit environ 35.000 kilomètres (ah, quand même) à elles trois.
    Je connais donc « un peu » les capacités du roadster.

    Je reste dubitatif sur cette néo-rétro (j’irai tout de même l’essayer on ne sait jamais) à un prix pareil et avec un look disons « surprenant » … heureusement qu’il y a la déco style ROBERTS.
    Yamaha n’est pas allé bien loin pour nous faire rêver avec ce modèle.

    Pour ce prix là autant se racheter une MT normale même avec ses défauts :
    Les à-coups liés à l’injection ? rien à cirer (Yamaha ne veut pas régler définitivement le problème, faut donc faire avec).
    Les suspensions en conduite lente / rapide ? rien à cirer non plus.
    La hauteur de selle ? ben, il y a toujours des Honda DAX d’occase pour les nains.
    Le confort de selle ou habitabilité à bord ? rien à cirer (pas le temps de s’occuper de cela avec la flotte, les nids de vaches, les cons qui déboîtent sans clignotant et j’en passe).
    Le mode B pour la souplesse ? non, arrêtez, c’est le mode A avec cette MOTO car c’est le plus fun (houps la bécane joue les filles de l’air, attendez je repose l’avant, une seconde) et c’est pas autre chose sinon c’est vraiment dommage avec un tel MOTEUR.
    Bon, vous l’avez compris le 3 cylindres et moi sommes tombés amoureux.
    Ceux et celles qui n’ont jamais vraiment essayé cette bécane (TRACER / TRACKER ou MT « simple ») : n’attendez plus car après il sera trop tard !!
    C’est quand le même moteur dans une partie cycle de routière avec un prix maxi de 10000 ou 11000 pas plus ?

    Harry

    Répondre

Ecrire un commentaire