Essai MV Agusta Brutale 800 : les réponses de Moto Revue

MV Agusta Brutale 800


Vous avez posé vos questions à Maxime Pontreau, parti essayer la nouvelle MV Agusta Brutale 800 pour Moto Revue. Voici ses réponses.

Jean-Marc : Pourrons-nous intégrer une fonction clignotants à l’intérieur des deux feux arrière pour virer la grosse verrue qui les supporte d’origine ?!

MP : Il est vrai que le support de plaque fait tâche dans la ligne générale de la Brutale 800. Reste qu’il aurait été dommage de gâcher la boucle arrière de la MV, particulièrement jolie et bien travaillée, avec la plaque d’immatriculation. Le constructeur a prévu une gamme d’accessoires et d’équipements pour sa nouveauté mais ne l’a pas encore dévoilée. Impossible donc pour l’instant de dire s’il sera possible de faire cette modification. Néanmoins, certains accessoiristes spécialisés risquent probablement de proposer une solution.

Gregory : La puissance est disponible vers quel régime ? La finition est-elle plus à la hauteur ? L’angle de braquage a-t-il augmenté ?

La puissance pure du trois-cylindre italien s’exprime pleinement à partir de 5 500 tr/min et dispose d’une plage optimale d’utilisation moteur jusqu’aux alentours des 9 000 tr/min. Ensuite les reprises se feront moins vives. La présentation ne nous a pas permis de prendre la mesure exact de l’angle de braquage mais au jugé, il semblait similaire à l’ancienne version de la Brutale, c’est à dire très important. Concernant la finition, MV Agusta souffle le chaud et le froid en réalisant à la fois de somptueuses pièces mais plaçant aussi des élastiques sur son cadre pour maintenir les câbles. Il y a malheureusement toujours quelques grossièretés.

Jérôme : Je suis un grand fan de MV mais -9ch et +8kg, la B800 a régressé.
L’ancien modèle sera forcément plus dynamique non ?

Dans l’absolu, si l’on ne considère que les chiffres, on peut penser que la Brutale a régressé. D’autant que sa partie-cycle s’allonge via un empattement de 1400 mm (+20 mm) et une chasse plus importante, démontrant la volonté d’accroître la stabilité, donc moins de dynamisme. Néanmoins le surpoids et les quelques chevaux manquants ne se sentent clairement pas au pilotage. Notamment car le moteur est plus aisément utilisable à bas régime. Le train avant est lui toujours particulièrement vif. Il se jette littéralement au point de corde tout en mettant davantage son pilote en confiance. Ces nouvelles spécifications, c’est reculer pour mieux sauter !

Alexandre : Penses-tu que cette moto soit accessible au niveau de la conduite pour un premier achat ?

Oui, comme toutes les machines ai-je envie de dire, à partir du moment où on ne brûle pas les étapes à leur découverte. Cette Brutale est en tout cas plus adaptée à un premier achat que l’ancienne version. Son « Trepistoni » est plus exploitable, plus rond, à bas régime. Il abandonne son caractère On/Off et autorise donc une prise en main simplifiée. Les violentes accélérations ne vous assaillent pas immédiatement, elles arrivent plus tard, et heureusement qu’elles n’ont pas été oubliées. Car la MV Agusta reste une moto radicale. Il faut se laisser le temps d’apprivoiser sa partie-cycle vive qui peut surprendre au départ. Puis une fois en mains, c’est un bonheur.

Stéphane : La gestion électronique des gaz est-elle enfin en adéquation avec cette marque premium ?

La marque a apparemment pris le temps de bien calibrer la sensibilité du Ride by Wire sur cette moto. Nous n’avions rien à redire sur les machines essayées à la présentation.

Velo83 : J’ai possédé une Brutale, je roule actuellement sur la Dragster et je me délecte du 3 cylindres. Sur cette nouvelle MV, le bouillonnant moteur est-il différent ?

La nouvelle Brutale 800 utilise toujours le trois-cylindres en ligne de 798 cm3 à vilebrequin contrarotatif, qui équipe également la Dragster 800. En revanche, le constructeur a revu le dessin des pistons et le profil des cames. Sur le papier, le moteur perd neuf chevaux. Dans les faits, il est toujours bouillonnant. La vraie différence est la pondération dont il fait preuve jusqu’à 5 500 tr/min, ce qui facilite son exploitation. Ensuite, il se montre tout aussi crapuleux qu’auparavant.

Benoit : Peut-on envisager les trajets quotidiens avec cette Brutale ou est-elle trop radicale et réservée aux sorties du week-end ?

Les trajets quotidiens sont évidemment envisageables. La selle est peu rembourrée mais suffira. La position de conduite n’est pas trop contraignante. Puis les différentes modifications apportées à la Brutale permettent d’évoluer aisément en ville sur un filet de gaz, sans à-coups intempestifs à la remise des gaz. A cela, elle concilie parfaitement les balades rythmées du week-end.

Jonathan : Est-ce qu’il y a une jauge d’essence sur le nouvel affichage numérique ou juste un voyant de réserve ? Je me demande aussi la différence entre le package MVCIS de la nouvelle Brutale et MVCIS2 qu’équipe actuellement la version RR ? Plus généralement, j’aimerais savoir la différence entre l’électronique de la Brutale 800 RR et la nouvelle Brutale 800 ?

Non, le nouvel affichage numérique n’intègre pas de jauge d’essence mais seulement un voyant de réserve. La différence entre la plateforme MVICS, c’est à dire le système de commande intégré du moteur et du véhicule, et la MVICS 2.0 tient au nombre d’injecteurs présents, soit trois éléments pour la première et six pour la seconde. L’ECU de cette dernière offre également une plus grande sensibilité à la bobine d’allumage ainsi qu’un meilleur contrôle des détonations dans les chambres de combustion. Autrement, l’électronique est identique sur la Brutale 800 et sur la Brutale 800 RR.

4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Super, Merci pour ces retour !

    Dommage pour la jauge d’essence .. un peu abusé d’avoir juste un voyant réserve … ca peut réserver quelques surprises impromptus ! Quelle belle machine <3

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  2. A propos de moto Italienne , tout le monde semble acter l’arrivée de
    Lorenzo chez les rouges…c’est vrai que cohabiter 2 ans de plus avec
    Rossi ne devait pas vraiment l’exciter…
    Après tout c’est un grand garçon qui sait ce qu’il fait et la Ducati a fait
    de gros progrès…vu le style coulé de Dovi qui roule bien sur cette moto
    why not ?
    Tiens il vient de s’en mettre une énorme au WuP Jorge !

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