Essai complet – KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke


Publicité | Contactez-nous

Comme ses concurrentes destinées aux permis A2, la KTM 390 Duke reste sous la barre des 47,5 chevaux. Mais elle se refuse aussi à dépasser les 150 kg, même avec les pleins…et ça fait toute la différence.

En réduisant le poids, nous avons mis l’accent sur un point que nos concurrents semblent avoir oublié. » Cette petite pique lancée par un des responsables du projet Duke résonne comme une évidence. Plus que la puissance, c’est le rapport poids/puissance qui devrait faire autorité dans l’évaluation des performances d’une moto. À quoi bon disposer de 200 ch si c’est pour traîner une partie-cycle trop lourde ?

Autant miser sur un bon compromis entre cylindrée, puissance et poids avec les pleins. Et après 200 kilomètres de roulage près de Mattighofen, fief de KTM, vient l’heure de la confirmation. Avec la limitation de puissance imposée aux motos éligibles au nouveau permis A2 (voir encadré ci-contre), il fallait concevoir une moto légère pour conserver de bonnes sensations de conduite. Le résultat est là, avec 44 ch en bout de vilebrequin pour seulement 139 kg sans essence. Avec un réservoir de 11 litres rempli à ras bord, cela nous amène à un peu moins de 150 kg tous pleins faits (147 kg pour être exact).

Un poids plume dans la catégorie si on compare la Duke à ses concurrentes. Honda CB 500 F ? 190 kg avec les pleins. Kawasaki Ninja 300 ? 172 kg. Et que dire d’une Suzuki Inazuma 250 qui accuse 187 kg sur la balance… et 20 ch de moins ! Légère, la base technique de la Duke ne nous est pas inconnue. Pour arriver à ce résultat, KTM n’est pas allé chercher bien loin. Le treillis tubulaire, le bras oscillant, les jantes et la fourche sont communs aux Duke 125 et 200. Seuls les réglages de suspensions sont différents (amortissement revu) !

Avec cette gamme Duke, KTM va faire des économies d’échelle. Et des économies tout court puisque la moto est entièrement assemblée en Inde chez Bajaj, y compris le moteur. Puisqu’on évoque le petit mono, il est inédit et a été spécialement développé pour la moto. Malgré les apparences, il ne cube pas 390 mais 375 cm3 et se dote de technologies évoluées. Cylindre traité Nickasil, piston forgé, linguets (traités DLC, s’il vous plaît) sans oublier l’indispensable injection électronique. Au total, il ne pèse que 36 kg, à peine 6 de plus que celui d’une Duke 200. En s’approchant de la moto, on constate qu’elle est bien construite, mis à part quelques détails de finition.

Certains plastiques sont vraiment bas de gamme (entourage du tableau de bord, bavette arrière, échancrures du réservoir) et se rayent facilement. Même chose pour les commodos, pas très flatteurs. Mais à part ces petits détails, la moto présente globalement bien. En enfourchant la Duke 390, on constate immédiatement qu’elle a été étudiée pour convenir au plus grand nombre. Les gabarits moyens seront à l’aise, et les courts sur pattes pourront poser au moins un pied au sol. Les plus costauds pourront caser leur grande carcasse sans trop de difficulté, à condition de faire abstraction de leur reflet dans la vitrine des magasins. En effet, la Duke reste une petite moto.

 


L’essai de la 390 débute en ville, où l’on retrouve les mêmes qualités que les Duke 125 et 200, à savoir une moto facile de prise en main, légère et agile qui se joue des encombrements sans aucune difficulté. Sauf que cette fois, on dispose d’un moteur un peu plus présent, sans être très démonstratif à bas régime. Lorsqu’on évolue sous les 5 000 tr/min, le mono tracte suffisamment pour les évolutions urbaines. Mais il faut attendre de passer les 6 000 tr/min pour que la cavalerie débarque en nombre. Et de 7 000 à 10 000 tr/min, la poussée du mono est plutôt sympathique !

Sans aller jusqu’à la coupure d’allumage (environ 10 500 tr/min), le compteur (peu lisible mais ultracomplet) affichait un peu plus de 160 km/h à 9 500 tr/ min, ce qui situe la vitesse maxi à environ 175 km/h compteur à fond de six. Offrant deux visages différents, le petit mono a du caractère, une qualité qui a tendance à se perdre sur les motos actuelles. Poussée à fond, la Duke 390 fait bonne figure avec une partie-cycle qui suit le mouvement sans se faire prier. Sa légèreté conjuguée à une petite monte pneumatique permet de balancer la moto d’un angle à l’autre sans aucun effort.

Le freinage, avec durits aviation de série, offre de la puissance et une bonne endurance. Les débutant apprécieront, les plus sportifs demanderont un peu plus de mordant. Assurément un des meilleurs systèmes de la catégorie, livré avec ABS déconnectable de série. En roulant vraiment vite, les suspensions, un peu souples, se rappellent au souvenir du pilote. Mais sans provoquer de mouvements parasites ou faire se désunir la moto. Et le fait de disposer d’une hydraulique un peu prévenante n’est pas désagréable le reste du temps. D’autant que la selle est plutôt ferme.

Ceux qui le souhaitent pourront régler la précharge sur l’amortisseur, mais cela ne nous a pas paru utile, le compromis trouvé par KTM donnant globalement satisfaction. Et vu le rythme que nous avons adopté, il y a de quoi tordre un paquet de motos sur petites routes ! Autre bonne nouvelle, la monte pneumatique (Metzeler Sportec M5) est de qualité et procure un grip satisfaisant. Rien à voir avec les IRC Road Winner d’une Ninja 300, qui n’offrent pas les mêmes performances, surtout sous la pluie.

VERDICT

En faisant boxer sa 390 Duke dans la catégorie « poids mouche », KTM est allé dans la bonne direction. L’autrichienne est clairement la moto « permis A2 » la plus fun et agréable à conduire actuellement. Avec son moteur pêchu à haut régime, son freinage efficace avec ABS de série, sa partie-cycle légère et performante, la « Katé » cumule les qualités. On craignait un prix trop élevé, mais il reste finalement assez compétitif. Affichée à 5 090 € (91 euros de plus qu’une Ninja 300 sans ABS), la Duke se place bien côté tarif.

 

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Essai complet - KTM 390 Duke

Ecrire un commentaire



*