Essai complet – Triumph Tiger 800

Essai complet - Triumph Tiger 800


Présentée au dernier Salon de Milan, la Triumph Tiger 800 reprend la base moteur de la Street Triple 675. Ce trail routier polyvalent nous a enchantés, mais le nouveau tigre britannique est bien dompté, laissant les plus sportifs d’entre nous sur leur faim.

Trois ans : c’est le temps qu’il aura fallu à Triumph pour développer et sortir finalement de sa cage « développement » sa nouvelle Tiger 800. Si l’on a d’abord découvert en Catalogne la version destinée avant tout à la route, on a eu le privilège d’essayer ensuite la déclinaison off-road de ce modèle, qui devrait facilement séduire les fans de voyages au longs cours sur bitume ou d’escapades occasionnelles en « tout-terrain ».

Entièrement inédite du côté de sa partie-cycle, la Tiger 800, proposée à 8 990 € et 9 590 € avec l’ABS déconnectable, a la particularité de reprendre le fabuleux et rageur trois-cylindres de la Street Triple 675. Enfin presque. En effet, à part la culasse et les papillons d’admission, le bloc du « tigre » british se montre en réalité nouveau à 85 %. Selon les responsables anglais, le coût de développement de ce (nouveau) moteur longue course s’élèverait à 4 millions d’euros. Un investissement qui en dit long sur les ambitions qu’entretient la firme d’outre-Manche pour ce modèle.

Si l’on se doit de saluer le travail fourni par Triumph, on ne peut s’empêcher, après n’avoir parcouru que quelques kilomètres à son guidon – qui se révèle facile de prise en main, confortable, véloce et donc fun à piloter –, de mettre un petit bémol concernant son caractère moteur. En effet, contre toute attente, le tigre d’Hinckley n’a rien de vraiment sauvage. Au contraire, il s’est même montré un peu timide… Et ce, à notre grand étonnement.

 


Force est de reconnaître que nous attendions davantage de peps de ce bloc 800 dérivé de la Street 675 et qui se montre, dans son écrin roadster habituel, bien plus explosif. Malgré ses 94 ch et ses 8 mkg annoncés sur le papier, on a bien plus l’impression d’avoir affaire en action à un tigre à qui on aurait raboté les crocs qu’à un animal féroce prêt à vous boulotter… En effet, si la sonorité caractéristique du trois-cylindres Triumph était bien présente (comme d’habitude, ses vocalises envoûtantes du trois-cylindres vous collent des frissons à chaque coup de gaz), les performances annoncées la veille de la présentation par les ingénieurs n’étaient pas au rendez-vous.
En fait, contrairement au bloc 675 qui se montre tout le temps rageur, celui de 800 cm3 manifeste une plus grande bonhommie. Très souple (il reprend en dessous de 2 000 tr/min en sixième à 30 km/h sans aucun problème), le moteur de l’anglaise a eu tendance à nous délivrer sa puissance et son couple de façon linéaire jusqu’à 7 000 tr/min, où un petit sursaut se faisait malgré tout sentir, jusqu’à sa zone rouge située à 10 000 tr/min.

A partir de 7 000 tr/min, la Tiger se met à rugir un peu plus méchamment, sans pour autant se montrer véritablement impressionnante. Dans l’absolu, ce trail routier fonctionne très bien, mais il se destine surtout – voire principalement – à ceux pour qui le caractère et l’explosivité ne sont pas des critères impératifs au moment d’envisager un achat. Une fois ce postulat intégré, la Tiger manifeste une excellente polyvalence et des terrains d’action aussi divers que le trajet maison/boulot ou au contraire les voyages aux longs cours. Et tant pis pour les sportifs qui espéraient un peu plus de gniac au moment d’essorer à fond la poignée droite…

 


Mais en tout état de cause, une chose est sûre : après avoir effectué 150 bornes au guidon de ce trail bien né, nous nous sommes délectés de son comportement dynamique sur les routes sinueuses de Catalogne. Il faut reconnaître que si sa mécanique pourrait offrir un peu plus de vie, la partie-cycle et le confort général de la machine sont simplement bluffants. Si, d’origine, elle propose un triangle selle/repose-pieds/guidon au dessin idéal, la Tiger peut s’adapter à votre morphologie grâce à sa selle moelleuse réglable en hauteur (de 810 à 830 mm) et son guidon ajustable en avant et en arrière (il suffit d’inverser le sens de montage des pontets).
Un détail qui a son importance, car l’anglaise peut ainsi se destiner à tous les types d’utilisateurs. Confortablement assis donc, on découvre une machine très fine à l’entrejambe. Tellement fine d’ailleurs qu’on ne croirait pas chevaucher une 800. Merci qui ? Merci à son réservoir de 19 litres échancré et au bloc de 675 cm3 dérivé de la Street, qui s’avère très compact. Dès les premiers tours de roues, cette Tiger 800 de 210 kg en ordre de marche impressionne d’ailleurs par sa vélocité et sa maniabilité.
Les commandes tombent naturellement sous les mains et les pieds, tout en se montrant douces et onctueuses, comme sa boîte de vitesses d’ailleurs. En fait, après 500 mètres à peine, le pilote a déjà la sensation de connaître sa machine par coeur. De plus, équipée d’une inédite et rigoureuse partie-cycle, mais aussi de suspensions bien tarées d’origine (seul l’amortisseur arrière est réglable en précharge), la nouvelle Triumph s’est montrée plaisante à emmener sur des routes sinueuses et a révélé un comportement sain même lorsque la chaussée est dégradée.

 

Facile de prise en main et bien suspendue, elle permet parfois quelques improvisations. En cas d’excès d’optimisme, pas de panique, on peut compter sur le bon grip de ses pneus (des Pirelli Scorpion Trail) et sur son freinage offrant puissance et mordant pour rattraper le coup.

Verdict
Dans l’absolu, la nouvelle Triumph Tiger 800 est une réussite. Bien finie, confortable, ergonomique, bien suspendue et offrant une bonne protection même au-delà de 130 km/h, la nouveauté possède incontestablement tous les arguments pour connaître un succès commercial mérité. D’autant plus que son prix de 8 990 € (9 590 € pour le modèle ABS) se place ici de manière idéale comparé à celui de sa rivale BMW F 800 GS vendue 10 200 €. Dommage toutefois que son moteur, qui se montre certes adapté à ce genre de machine, ne possède pas ce petit supplément d’âme made in Hinckley que l’on attendait tous.

La Triumph Tiger 800 (ABS) en bref
• + 200 km/h
• 94 ch – 8 mkg
• 210 kg tous pleins faits
• 8 990 € (9 590 €)

Essai complet - Triumph Tiger 800

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