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Essais - Roadsters [ Thomas Chignac - 07/04/2009 ]

ultra-sportive "naked bike"

Ducati Streetfighter S 2009 : un must !

La Streetfighter inaugure une nouvelle famille, entre les ultra-sportives et les "naked bikes". Et le résultat est aussi enthousiasmant à l'oeil que réjouissant en dynamique.

Ducati Streetfighter S 2009 : un must !

Nous avons essayé la Ducati Streetfighter sur le sublime tracé de l' "Ascari Race Resort" près de Ronda, en Andalousie. Voici les principaux points que nous avons développés lors de la rédaction de l'essai, paru dans le Moto Revue n° 3850 (retrouvez toutes les photos de la Streetfighter en cliquant ici).

Position de conduite : elle s’avère sensiblement différente de celle, très caractéristique, proposée par les Monster. Le guidon de la Streetfighter, bien que positionné en avant du té supérieur de la fourche, tombe naturellement sous les mains. Il est plus proche de l’assise pilote, réduisant d’autant l’effet « couché » rencontré sur la Monster. Même les repose-pieds sont situés plus bas, offrant ainsi aux jambes davantage d’espace. L’ergonomie serait presque idéale si la protection du double échappement latéral (à droite) n’obligeait à écarter autant son talon. Une gêne bien réelle, surtout sur circuit.

Mobilité du pilote : excellente grâce à l’impressionnante finesse du cadre comme du réservoir. Le pilote pourra alors aisément répartir ses efforts, sur le guidon comme sur les repose-pieds, afin de placer la Streetfighter sur l’angle.

Vivacité de la moto : sans offrir la même sensation de légèreté que la Monster 1100, la Streetfighter se balance d’un appui à l’autre sans trop d’effort. On est ainsi loin de l’épreuve de force que peut réclamer la 1198 dans un pif-paf serré.

Garde au sol : quasiment insondable, elle permet d’exploiter à fond le grip rassurant des Pirelli Diablo Corsa III dont nous disposions pour cet essai. Rivée à sa trajectoire, la bombe latine se permet même une once d’improvisation, comme rejoindre un point de corde raté, d’une « léchouille » sur le frein arrière.

Moteur : largement retravaillé côté électronique par rapport à son homologue oeuvrant dans la sportive, il apparaît dans un premier temps... policé. Un comble ! Précisons qu’un usage sur circuit atténue souvent les sensations brutes d’une mécanique. Ainsi, malgré des chiffres pour le moins ostentatoires, le bicylindre ne nous a pas estomaqués par la virulence qu’on lui aurait volontiers prêtée. Mais attention, que personne ne s’y trompe : il suffisait de jeter un rapide coup d’oeil au tableau de bord dans la partie la plus rapide du circuit (une cassure abordée à fond de cinq) pour y lire un impressionnant 272 km/h (rupteur atteint), témoin de la santé de la mécanique. Et dire qu’il restait encore un rapport à passer...

Surface frontale : impossible de trouver un engin de série en offrant une si faible ! Pour comprendre, il suffit de regarder la Streetfighter depuis l’arrière, à quelques mètres en retrait. La vue est stupéfiante : un guidon, une paire de rétroviseurs et deux réservoirs (liquides de frein et d’embrayage). Rien d’autre ! Le compteur est positionné en contrebas, surplombant un bloc-optique minimaliste. Pour autant, il est aisé de surveiller le compte-tours (de type baregraph) ou même de guetter l’allumage des diodes rouges indiquant qu’il est temps de passer le rapport supérieur.

Gestion des gaz : précise, elle s’opère au millimètre. Aucun à-coup sur un filet en pleine courbe, aucune brutalité lors de la remise des gaz. Le couple, omniprésent, possède la particularité d’offrir son maximum (11,7 mkg) au même régime que la puissance maxi, soit à 9 500 tr/min. Ainsi, la vivacité mécanique s’avère éloquente à très haut régime. Le tout s’accompagne d’une sonorité typique à Ducati, grave et profonde à souhait. Mieux, lors de fortes décélérations, quelques détonations très « racing » se mêlent à la fête.

Freinage : c’est la copie parfaite. Le système, intégralement repris à la 1198, se montre d’une puissance absolument gigantesque. Et il semble impensable d’en atteindre les limites. Très agressifs, les étriers à quatre pistons signés Brembo mordent violemment les pistes de 330 mm, les plus grandes de série avant celles fixées sur le bord de jante comme sur une Buell ! Heureusement, le feeling s’avère excellent, la puissance augmentant graduellement à mesure que la pression se fait plus forte sur le levier.

Système de contrôle de traction DTC : un autre motif de satisfaction. En série sur la version S, paramétrable sur huit positions depuis le commodo gauche (moteur coupé). Ce dernier, positionné sur 6, m’aura évité une belle frayeur lors d’une (trop) franche remise des gaz sur l’angle : la magie de l’électronique aura coupé l’élan du twin, le faisant « rupter » histoire de remettre les roues en ligne. Chacun pourra ainsi trouver le juste équilibre pour les réaccélérations musclées en sortie de courbe.

Look : ahurissant. La Streetfighter saura séduire les amoureux de beaux objets. La ligne, trapue à souhait, est l’oeuvre d’un jeune designer en place depuis cinq ans chez Ducati : Damien Basset, un Français (cocorico !). C’est moderne, agressif, nerveux, chapeau l’artiste.

Présentation : soignée dans ses moindres détails, alternant audaces esthétiques et techniques, matériaux nobles, le tout enrobé d’une finition générale de haute facture. Même les commodos, spécifiques, sont du plus bel effet : eux aussi ont subi le compactage en règle de l’ensemble. La Streetfighter poursuit sa leçon de séduction jusque dans son optique avant, intégrant deux veilleuses à diodes situées de part et d’autre du phare : la mode lancée sur les automobiles (Audi en tête) débarque, avec beaucoup de style, sur une moto.

Aspects pratiques : la radicalité de l’engin n'y laisse aucune place. Malgré l’absence de pots sous la coque arrière, on ne trouve pas d’espace de rangement sous l’assise passager, l’emplacement étant réservé à la batterie et à l’électronique de la bête (clé USB pour le système d’acquisition de données DDA). Un dernier détail pour lequel, à la vue du positionnement extrême de l’engin, on ne pourra légitimement prêter de grande importance.

Verdict
Ducati ose. Jusque-là, le créneau roadster de la marque était marqué au fer rouge par les Monster, d’ailleurs récemment superbement restylées. La Streetfighter inaugure une nouvelle famille, à mi-chemin entre les ultra-sportives et les « naked bikes ». Et le résultat est aussi enthousiasmant à l’oeil que réjouissant en dynamique. Seul écueil à ce positionnement élitiste, le tarif élevé. Commercialisée à 14 990 € dans sa version de base, la nouveauté Ducati ne s’offrira pas au premier venu. Pire encore pour la version S essayée ici, encore plus exclusive du haut de ses 18 700 € !
Mais il semble évident que l’investissement requis ne soit pas exagéré. La Streetfighter rassemble ce que la marque fait de mieux, avec sérieux et homogénéité. Et pour peu qu’on ait les moyens de se l’offrir, la dose de plaisir ressentie à ses commandes en vaut la chandelle. Un must, à coup sûr !

Ducati Streetfighter S
+ 250 km/h
155 ch - 11,7 mkg
167 kg à sec (169 kg en version standard)
18 700 € (14 990 € en version standard)

Fiche technique à télécharger ci-dessous !

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flecheFiche technique de la Ducati Streetfighter S
 

2 Réactions

    • desmo
    • dimanche 12 avril 2009 à 12:00
    mouais...
    Mouais...encore une moto pour pas rouler quoi!...
    Et qu'on retrouvera dans la rubrique occasions dans deux ans avec 2000kms au compteur!!
    on va de plus en plus vers l'oeuvre d'art a exposer dans un salon de bobos mais plus vers la moto originelle faite pour rouler et s'amuser
    un peu désolant tt ça!!
    enfin y aura toujours quelques collectionneurs qui apprécieront.
    [Réagir à l'article]  -  Signaler
    • tatane
    • samedi 11 avril 2009 à 00:59
    chef du design ducati: damien basset
    Un peu comme Pininfarina: ken hokuyama..
    ils ont des droles de noms c'est italiens!

    http://www.moto-station.com/article5783-interview-giulio-malagoli-project-engineer-ducati-streetfighter.html

    [Réagir à l'article]  -  Signaler

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