Edito - Jusqu'ici, tout va bien...
Thierry Traccan, rédacteur en chef de Moto Revue, estime que l’alourdissement en matière de sécurité routière (lois restrictives, mesures répressives) pèse sur les usagers mais pourrait également finir par être lourd à porter du côté du gouvernement.

Illustration Jacques Vivant
Du côté du ministère déjà : ces mesures toujours plus répressives qu’il nous inflige, ces lois restrictives de liberté qui se succèdent, cet arsenal logistique qui n’en finit pas de fleurir sur le bord de nos routes (+ 1 000 radars attendus d’ici 2012, dont 100 radars tronçons, 90 radars discriminants, etc...), représentent un drôle de pari pour son avenir, même si jusqu’ici tout va bien. C’est vrai d’ailleurs, à leurs yeux autant qu’à leurs oreilles, tout va bien... On ronchonne bien un peu, on grommelle, on gueule de temps à autre, il nous arrive même, parfois, de montrer deux/trois canines, mais au fond, et surtout à la fin, on rabaisse nos babines et on accepte.
Oui, certes, souvent, mais pas toujours. Ça reste un pari risqué pour le pouvoir en place, parce que tout ça, ça s’empile, ça s’empile... Le danger de procéder ainsi, de ne procéder qu’ainsi surtout, c’est que ce gavage imposé finisse simplement par ne plus être digéré... et quand on ne digère plus, le risque, c’est que ça pète !
Du côté du citoyen motorisé lambda maintenant : un espace routier qui, s’il n’a jamais été celui de la liberté (contrairement à ce qu’on croit et raconte ici et là), mais bien l’un des plus réglementés, tend à devenir encore plus encadré. Tellement d’ailleurs qu’on en vient à ne plus voir le paysage, juste un cadre prédominant, encombrant, aveuglant. Alors certes, le Parlement a aménagé notre peine (histoire de limiter notre tristesse ?) en raccourcissant les délais pour récupérer ses points. Vous voyez, jusqu’ici tout va bien.
Mais avec ce que nous sert le gouvernement en quantité de radars, on se dit que nous allons en avoir bien besoin pour éviter de nous transformer en délinquants roulants sans permis... Parce qu’il n’est nul besoin de se muer en Fangio ou en Ago pour intégrer cette catégorie, un dépassement répété de quelques kilomètres/heure suffit largement. Des petits délits pour un grand mal, de grands maux pour un petit délit de trop. L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. Très douloureux dans ce cas aussi."
Trac
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