Essai complet - Victory Vision
Sa silhouette imposante et son énorme twin laissent présager autant de caractère moteur que de pesanteur. Ses lignes rétro-futuristes autant d’audace que de futilité. Mais c’est sur un tout autre ton que la Vision parvient à nous enchanter, sitôt qu’on l’a enfourchée.

Confortable et dotée d’un équipement très riche, la Victory Vision peut vous emmener très loin. © DR
Une Cadillac, sortie tout droit des années 50. Voilà à quoi l’on songe lorsque, pour la première fois, on pose son regard sur une Vision. Tout en elle concourt à cette impression. Les lignes, bien sûr, tendues à l’extrême, comme si l’ergonomie et la praticité – préoccupations ô combien contemporaines – n’avaient aucunement compté pour ses designers. Mais aussi l’énorme twin qui exhibe ses ailettes comme un bloc d’après-guerre ou encore les chromes qui, un peu partout, magnifient cette incroyable silhouette.
Fort de ce sentiment et d’une fiche technique indiquant près de 400 kg sur la balance, on se dit que cette américaine au gabarit de porte-avions est sûrement parfaite pour une estrade de bike show ou à la terrasse d’un café, mais beaucoup moins à son aise au moment d’affronter les affres de la circulation. Prudent, on enfourche sa selle (posée à seulement 673 mm du sol), on met en branle les deux gamelles de quelque 850 cm3 unitaires, on attaque les premiers mètres, on tente un, puis deux demi-tours pour se rendre compte que cette machine est... quasiment un vélo ! Disons-le sans ambages : la qualité la plus impressionnante de cette Vision est son remarquable équilibre.
Non seulement elle est, de ce point de vue, la plus aboutie de toute la gamme Victory, mais en outre, elle tutoie les ténors de la catégorie GT ! Diablement étonnante, cette voyageuse ne réserve toutefois pas que des bonnes surprises. Son moteur, aussi impressionnant soit-il de visu, est loin d’emporter complètement l’adhésion. Oh, certes, il ne manque pas de puissance et, bien que linéaire, peut sans difficulté emmener la belle à près de 190 km/h compteur. Sa souplesse est elle aussi tout à fait correcte pour un gros bi, autorisant des évolutions sous les 2 500 tr/min en 6e. Et la sélection, gratifiée d’un embrayage hydraulique, ne souffre d’aucun reproche véritable.
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