Essai complet - Yamaha YZF 1000 R1 2012
C’est dans la tête... Dans la tête, oui... Ou plutôt sur, puisque cette Yamaha R1 2012 voit sa face légèrement redessinée. Des optiques plus fines, des diodes qui les habillent, une ligne effilée, voilà pour le restylage occipital de la R1. Et dans la nôtre de tête aussi, puisque l’apparition d’un contrôle de traction vient brider électroniquement les exubérances de nos cerveaux parfois aléatoirement paramétrés...

Dans l’absolu, la R1 reste une hypersportive taillée pour le circuit. © DR
À chaque tour, c’est la même chose... Au moment de rentrer dans le dernier long gauche du circuit de Valence (Espagne), un flash crépite devant mes yeux exorbités. Oh pas celui de photographes, non, non, juste le souvenir (remontant au milieu des années 2000) obsédant de pilotes MotoGP rentrant dans cette courbe aveugle comme des cintrés, laissant leur pneu arrière dessiner d’interminables arabesques d’un trait parfaitement régulier, motos à l’équerre lancées à près de 200 km/h...
Un spectacle hallucinant mais pourtant minimisé par des techniciens avertis, voyant dans cette action, plutôt qu’une maîtrise totale de la part de ces pilotes, la prépondérance d’une technologie nouvellement intrusive capable de réguler de son propre chef les excès de confiance du plateau MotoGP dans son ensemble. Il suffirait (selon les dires des ingénieurs) aux pilotes d’oser mettre à fond, l’électronique se chargeant alors de juguler tous leurs excès, ne conservant que le strict nécessaire garantissant une efficacité maximale, tout en évitant les risques de « high-side » mentalement traumatisants et physiquement dévastateurs.
Faire confiance à la technologie... Ou plutôt, lui faire encore plus confiance que d’ordinaire, voilà le défi récurrent des pilotes professionnels, et celui des possesseurs d’hypersportives de dernières générations équipées de plus en plus souvent d’assistance au pilotage. Après les hypersportives BMW, Aprilia, Ducati et Kawasaki, c’est maintenant au tour de la Yamaha YZF 1000 R1 millésime 2012 de recevoir l’incontournable « Traction Control ». Un contrôle de traction paramétrable sur 6 niveaux, du plus intrusif au plus discret (il est d’ailleurs possible de le déconnecter totalement), et capable, en fonction du mode sélectionné, d’aller jusqu’à empêcher totalement la bestiole de 182 chevaux de lâcher la moindre ruade... Ou comment transformer un étalon en hongre d’un simple coup de doigt (voir encadré page 5).
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"machine physique à emmener"
"ne se livre pas comme ça"
Attendez, vous êtes sûrs que c'est une hypersportive japonaise? ;)
--
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