Essai - La Suzuki GSR 750

La Suzuki GSR 750 en action. © DR
L’attente fut longue mais il faut bien reconnaître que ça en valait la peine. Nous avons enfin pu prendre les commandes de la Suzuki GSR 750 pour constater que les Kawasaki Z 750 et Yamaha FZ8 avaient désormais du souci à se faire…
En premier lieu, il convient de souligner les efforts consentis par la marque pour corriger les défauts de finition constatés sur le modèle d’exposition. Oublié le cadre peint en vilain noir brillant, terminé la visserie par trop apparente ainsi que quelques revêtements trop granuleux. La concurrente directe du best seller français (Z 750) présente assurément bien, mêlant une ligne qui ne bousculera certes pas les habitudes mais totalement dans l’air du temps, à la fois moderne et dynamique.
A son bord, les repères sont instantanément trouvés et la position légèrement basculée sur l’avant donne le ton : l’orientation sportive est clairement affichée. Grâce à une selle habilement affinée, les deux pieds sont bien posés au sol même pour les petits gabarits, gage d’assurance lors des manœuvres. Et la GSR de poursuivre en affichant une facilité de conduite réellement attachante : aucun effort n’est réclamé pour l’inscrire en courbe, même lorsque le rythme augmente.
D’ailleurs, il ne faudra que quelques kilomètres pour exploiter les excellentes dispositions dynamiques. Dotée d’un train avant exemplaire, à la fois léger, vif et précis, la nouveauté Suzuki se joue des embûches avec brio, laissant son quatre-cylindres d’origine GSX-R, largement retravaillé pour l’occasion (il développe 106 chevaux sans le moindre bridage), s’exprimer sans retenue. Aussi plein que « rond » de fonctionnement, ce dernier profite d’une gestion des gaz parfaitement calibrée. On notera au passage qu’une grosse partie du travail a porté sur la gestion des rejets polluants et de la consommation, inférieure de 10 % (selon Suzuki) à celle de la GSR 600 (qui disparaît d’ailleurs du catalogue après épuisement des stocks).
La 750 possède ainsi un comportement des plus réjouissants, autorisant un pilotage très sportif. Stable sur l’angle, légère au changement de cap, elle se montre aussi précise qu’incisive. Les suspensions, bien qu’exemptes de réglages hydrauliques, offrent beaucoup de tenue. On pourra leur reprocher de manquer d’un chouïa de sensibilité sur les petites imperfections abordées à basse vitesse mais dans l’ensemble, le bilan est plus que positif.
Le freinage était également source d’inquiétude : avec ses étriers à deux pistons (les mêmes que ceux utilisés par la Gladius !), certains pourraient se sentir lésés. Mais la puissance s’est montrée suffisante d’autant que la progressivité est au rendez-vous. Au final, la GSR 750 apparaît définitivement bien née, performante et agréable. Elle se montrera ainsi très alléchante face à ses rivales, puisque également judicieusement positionnée côté tarif : 7 799 € (100 € de plus que la Kawa, 200 € de moins que la Yam).
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