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Essais - Roadsters [ Thomas Chignac - 27/10/2008 ]

Face-à-face : Triumph Street Triple / Aprilia 750 Shiver

En chaussant les excellentes gambettes sportives de sa demi-soeur Daytona, la Triumph 675 Street Triple, affublée d’un « R » de circonstance, chasse ses derniers complexes pour viser de plus gros gibiers. L’Aprilia Shiver, forte d’une cylindrée supérieure, est ainsi la première à pâtir de l’insolente petite anglaise, particulièrement affûtée dans cette déclinaison. Une véritable leçon.

Face-à-face : Triumph Street Triple / Aprilia 750 Shiver

La Street Triple (à g.) l'emporte face à la Shiver

Six cent trente et un euros. C’est la somme séparant les Triumph Street Triple R et Aprilia 750 Shiver. À l’avantage de la « petite » ? Perdu. Car sous couvert de cette évolution racing (« R »), l’anglaise voit son tarif enfler de 1 000 €, atteignant ainsi 8 790 € (8 159 € donc pour l’Aprilia). Une somme que ce trublion des roadsters de moyenne cylindrée doit impérativement justifier en dynamique par une amélioration substantielle de ses prestations, le simple atout marketing de son équipement revu à la hausse n’étant pas suffi sant pour le légitimer. Car la Street Triple R se pare des suspensions de la 675 Daytona (fourche et amortisseur entièrement réglables), de son système de freinage (montage radial des étriers avant + maître-cylindre à pompe radiale) et d’un guidon alu à section variable signé Magura. La native d’Hinckley s’offre aussi une selle à double revêtement (bicolore) ainsi qu’une peinture mate (gris et orange sont au programme). Pour le reste, la fiche technique est formelle : tout est identique. D’ailleurs, personne ne s’en plaindra : la Street n’a cessé de nous estomaquer depuis son apparition l’année dernière, séduisant tant par son style aux airs de Speed que par son caractère en acier trempé, qu’elle doit en grande partie à son magique trois-cylindres en ligne. Cette version R n’améliore donc en rien la sulfureuse mécanique, lui offrant juste un écrin qui est censé favoriser son plein épanouissement. Face à cette nouveauté, l’Aprilia Shiver possède de sérieux arguments, à commencer par sa ligne moderne et racée. Parée de son coloris blanc, l’italienne attire les regards, lesquels se délectent d’une finition séduisante et de pièces flatteuses : chaque élément de la Shiver a été l’objet d’une profonde recherche esthétique. Question plastique, la Street apparaît plus fade. Elle n’en demeure pas moins aguichante, bénéficiant elle aussi d’une superbe qualité de fabrication. Mais – serait-ce ce coloris mat ou sa ligne « déjà vue » ? – l’impact visuel est moins fort que celui de l’Aprilia. Et la Shiver d’enfoncer le clou en avançant une fiche technique particulièrement savoureuse : fourche inversée, freinage radial, bras oscillant renforcé, cadre mixte treillis/platine d’alu, V-twin doté du système Ride by Wire… On se presse donc d’animer la mécanique, laquelle répond d’une voix enivrante à ses premières sollicitations. La sonorité émise par les échappements sous la selle n’invite pas à recourir à des silencieux de type racing : c’est percutant, métallique et rauque à souhait. Plus timide, la Street Triple R se contente d’un son feutré, laissant d’ailleurs entendre davantage le siffl ement des roulements du vilebrequin ou des arbres de transmission. En revanche, la Triumph se lâche question décibels dès que le trois-cylindres grimpe en régime. En effet, l’admission offre une résonance impressionnante, magnifiant le miaulement d’un moteur plein d’allégresse dans les tours. Nous ne cesserons donc de répéter que cette mécanique saura convaincre même les plus sceptiques d’entre nous : quelles prestations ! De la souplesse à revendre (30 km/h en sixième sans le moindre hoquet), des reprises étonnantes pour la cylindrée (la Shiver doit s’incliner quelle que soit l’allure de départ sur le dernier rapport), une disponibilité de tous les instants, ainsi qu’un punch réjouissant aux abord de la zone rouge (13 000 tr/min). L’Aprilia ne peut soutenir la comparaison sur le plan des performances pures. Non qu’elle ne soit pas dynamique, mais son twin se révèle parfois décevant en comparaison directe. Présentant davantage d’inertie, il n’a pas la nervosité du trois pattes britannique à hauts régimes et affiche au final un visage moins sportif. Le bloc de la Shiver préfère jouer sur son agrément à mi-régimes, où les coups de pistons se font plus sympathiques. Coupleuse, l’italienne s’appuie sur la gestion millimétrée de son injection (trois modes disponibles : sport, balade et pluie) pour garantir un plaisir allant crescendo dans les multiples courbes des départementales aux alentours d’Aubagne, près de Marseille, fabuleux théâtre de cette confrontation. La Shiver continue sur sa lancée en offrant un comportement en parfaite adéquation. Les plus sportifs lui reprocheront ainsi un manque certain de précision et de tranchant dans ses trajectoires. Dès que le rythme augmente, la 750 devient brouillonne et rate quelques points de corde. La faute à son inertie somme toute importante (tant mécanique que de partie-cycle) ainsi qu’à son amortissement perfectible : la fourche inversée n’offre aucune possibilité de réglage et l’amortisseur manque de progressivité à cause de son ancrage sans basculeur. La clé d’un enchaînement rapide ? La fluidité. Il n’y a qu’en pilotant coulé que la Shiver parviendra, l’espace d’un instant seulement, à suivre la Triumph, si tant est que le pilote de cette dernière soit en train de chauffer les gommes. Car une fois les pneus à température, bye bye Aprilia ! La Street Triple R montre alors son vrai visage, justifiant enfin l’investissement supplémentaire demandé par rapport à la version de base. D’une remarquable facilité, ce véritable félin de l’asphalte dévore les courbes avec férocité. L’amélioration des liaisons au sol est évidente, garantissant une précision chirurgicale aux entrées en courbes. On notera d’ailleurs un train avant quasi insensible à la mise en action du superbe système de freinage, autorisant un pilotage aussi agressif qu’incisif. Surprise également au niveau du confort : malgré des éléments en provenance directe d’une sportive, les moindres irrégularités sont admirablement gommées. On retrouve donc bien les suspensions de la Daytona, dotées d’un début de course très sensible avant de gagner en tenue hydraulique sur le reste de leur débattement. Stable en toutes circonstances, vive et légère (189 kg mesurés tous pleins faits !), la Street Triple R réalise donc le sans-faute côté comportement. Elle signe ainsi un tableau dynamique de très haut niveau, lequel ne manquera jamais de vous flanquer un large sourire, limite nigaud, en travers du visage.

Triumph 675 Street Triple R
+ 220 km/h
109 ch – 7,1 mkg*
Poids : 189 kg tous pleins faits*
Prix : 8 790 €
*mesures MR

Aprilia 750 Shiver
+ 220 km/h
84,9 ch – 7,6 mkg*
Poids : 217,6 kg tous pleins faits*
Prix : 8 159 €
*mesures MR

Retrouvez l'article complet, avec fiches techniques, duos, courbes de puissance, etc. dans MR n° 3829.

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Triumph Street Triple Triumph Street Triple Aprilia 750 Shiver Aprilia 750 Shiver

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1 Réaction

    • Fred
    • samedi 23 mai 2009 à 12:16
    Puissance Street Triple R
    Bonjour,
    Je pense qu'une erreur s'est glissée dans votre article. La R fait 78.1 kw selon Triumph, c'est à dire 106,11 cv.
    [Réagir à l'article]  -  Signaler

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