Venu sur le tard dans la catégorie 1000 hypersport (2004), Kawasaki nous a livré une version 2006 de sa ZX-10R avec un coeur gros comme ça. Ses entrailles de 998 cm3 et 175 ch pour 11,7 mkg de couple offrent un punch incroyable à la Ninja. Rempli dans les bas et mi-régimes, le 4-cylindres explose ensuite dans le haut du compte-tours. Cette version se montre d’ailleurs moins pointue que la remplaçante actuelle. Ce modèle 2006 s’affiche tout en rondeur. Les volumes sont généreux, dont celui du réservoir, qui impose d’écarter énormément les jambes. Les deux silencieux placés sous la selle alourdissent aussi cette ligne un peu pataude jugée comme un « égarement » de la part de ses concepteurs au moment de dessiner la version 2008, bien plus racée. Quoi qu’il en soit, malgré cet aspect massif, la ZX-10R 2006-2007 n’en est pas moins maniable et dotée d’un train avant particulièrement efficace.
Point faible
Si la puissance est utilisée dans les tours – ce qui est la vocation de la ZX-10R –, les pistons cavalent à la vitesse linéaire moyenne de 21,08 m/s à 11 500 tr/min en version française. Si on lui fait prendre 12 500 tr/min, ça nous fait 22,91 m/s, or on sait que dépasser les 20 m/s relève plutôt de la technologie de compétition. Fiabilité oui, longévité non. Et si on rajoute l’usure des disques (frein et embrayage), les performances coûtent cher.
Point fort
Le moteur délivre sa phénoménale puissance en toute fiabilité. Il n’est victime ni de
surchauffe ni d’usure prématurée de la chaîne de distribution, pas plus que de tendeur de chaîne automatique capricieux. La boîte de vitesses n’a pas de faiblesse sur le verrouillage de la seconde.
Cote de l'occasion
Année 2007 : 10 650 euros
Année 2006 : 9 850 euros
Verdict MR
Piloter une sportive de 1 000 cm3 reste l’apanage des pilotes d’expérience. Souvent débridées, ces motos vous mettent dans ce cas hors-la-loi et sont parfois fortement kilométrées. Malgré tout, la fiabilité est de mise et les sensations garanties. De plus, en raison d’une inflation progressant sans cesse, rouler sur une moto de génération
précédente permet de lier passion et raison.

