Tempérament fougueux
Moto Morini Corsaro Avio : - 20 chevaux
Dans cette version Avio, la Moto Morini Corsaro 1200 perd 20 chevaux et voit son tarif chuter de 1 500 euros, tout en affichant le même tempérament fougueux.

Moto Morini Corsaro 1200 Avio
Car l’impressionnante personnalité du « corsaire » demeure au programme de l’Avio malgré ses chiffres amoindris. Certes, les 20 chevaux abandonnés en route n’amenaient pas forcément à penser que le twin Bialbero Corsacorta (« double arbre course courte » en français) ne perde trop en performances : il en reste tout de même 120 ! En revanche, les 2,1 mkg laissés de côté pouvaient être source d’inquiétude quant au caractère de la mécanique, à sa force brute. Alléluia, il n’en est rien. C’est à peine si l’on sent une voracité moindre au charcutage en règle des mi-régimes… Une boucherie pour le pneu arrière, qui se trouve rapidement pris en défaut sur grip médiocre. Véritable boule de nerfs, le moteur fait forte impression dès sa mise en route, en vociférant avec un grondement sourd particulièrement séduisant. Une « voix » chaude, latine à souhait, qui sait élever le ton à la moindre sollicitation. Et question sollicitation, nous ne nous sommes pas fait prier : de l’enchaînement des trois premiers rapports, papillons d’injection ouverts au maximum, c’est un véritable hymne aux nobles décibels mécaniques auquel nous avons eu droit. La poussée, en constante progression jusqu’à la coupure d’allumage, invite à se cramponner énergiquement au large guidon.
On retrouve la position typique d’un roadster sportif : jambes plutôt repliées légèrement vers l’arrière, appui modéré sur les bras, buste quasi droit. De quoi envisager l’arsouille en toute sérénité d’autant que la partie-cycle, inchangée, demeure l’une des plus séduisantes de la production. Sereine dans la plupart des situations, la Corsaro Avio réclame, à l’instar de ses frangines, un réglage aux petits oignons de son amortisseur, particulièrement sensible du côté de l’hydraulique. La grosse fourche Marzocchi (elle aussi pourvue d’un triple réglage), avec ses 50 mm de diamètre, procure un feeling remarquable. Mieux, elle brille d’une neutralité exemplaire au moment d’entrer sur les freins en courbe. L’Avio s’offre donc un comportement de guerrière de l’asphalte, où la rigidité se mêle à la souplesse pour maîtriser sans mal les enchaînements les plus techniques. Il faudra simplement se méfier de l’inertie naturelle des 1 187 cm3 du bicylindre, notamment lors de changements d’angles nerveux.
Le freinage complète admirablement cette belle panoplie dynamique, malgré l’absence de montage radial pour les étriers ou le maître-cylindre. Mais n’allez pas croire que sous ses allures de machine « démocratisée », l’Avio soit recommandable aux novices (ce qu’annonce inconsciemment Moto Morini) : malgré des prédispositions moins effrayantes que ses devancières, elle demeure un engin d’initié, bestial et bourré d’un caractère pour le moins (bien) trempé. On ne regrettera au fi nal qu’une fi nition – identique là encore aux autres versions – qui peut laisser à désirer par endroits (câblage des clignotants avant par exemple), ainsi qu’un réseau de distribution encore bien faible par chez nous. On espère qu’il ne s’agit là que de défauts de jeunesse…
Moto Morini Corsaro 1200 Avio
+ 230 km/h
119,5 ch - 10,4 mkg
198 kg à sec
10 990 €
Disponibilité immédiate
Existe également en gris argent avec cadre bleu
Retrouvez l'essai complet dans MR n° 3821
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