Essai : la Ducati 1198 de Noriyuki Haga
Moto Revue salement secoué par la Ducati de Haga !
Chef des essais à Moto Revue, Thomas Chignac confie tous les sentiments par lesquels il est passé de bon matin, avant, pendant et après l'essai de la Ducati 1198 du vice champion du monde superbike 2009, le lendemain de l'épreuve finale sur le circuit de Portimao. Un véritable condensé d'émotions fortes, extrait du Moto Revue n° 3870 où vous pouvez également retrouver Thomas au guidon de cinq autres machines du plateau SBK.

La Ducati de Noriyuki Haga dans les mains de Thomas Chignac, chef des essais à Moto Revue © Infront Motor Sports
On me l’a juste décrite comme extraordinaire, mais assurément « chaude » voire « couillue » de part son relief et ses courbes en aveugle. C’est peu de le dire, surtout aux commandes de l’icône roulante du Superbike. Une claque. Ou plutôt, un direct en pleine face. Sonné. Groggy. La Ducati de Superbike de bon matin, c’est l’électrochoc assuré. Poignée des gaz hyper sensible, réactivité de partie-cycle immédiate, puissance démoniaque. Du coup, je n’ai strictement rien compris. Que dalle. J’ai davantage passé mon temps, tant bien que mal, à essayer d’assimiler les trajectoires qu’à analyser véritablement la machine.
Il faut également rajouter le fait que la boîte est inversée... Malgré une concentration que je croyais maximale, l’erreur est arrivée. Sorti d’un gauche en montée sur le second rapport, machinalement et par habitude de la route, mon pied gauche soulève le levier... Manquant de manger la bulle en repassant ainsi en première, je remercie l’électronique ultra-sophistiquée de la 1198 ! Allez, je ne vais pas me laisser faire.
Coûte que coûte, je dois au moins faire bonne figure dans la ligne droite des stands, sous les regards inquiets du team Ducati. C’est là que je visserai la poignée droite à son taquet. Que nenni... Car la ligne droite est commandée par un droite rapide, duquel on déboule à près de 200. Et juste à la sortie de ce dernier virage... Une bosse ! Une simple montée lorsqu’on l’observe du bord de piste. Mais à cette vitesse, cette dernière déleste copieusement l’avant. L’équation est ainsi très simple : 200 km/h + 220 ch + 165 kg + relief (bosse) = wheeling. Alors, n’importe qui de normalement constitué coupe, par instinct de survie. Ce que j’ai fait.
À chaque tour. Il me faudra donc attendre que l’avant se stabilise pour ouvrir enfin en grand et constater que la puissance est du genre à vous tasser les disques intervertébraux les uns contre les autres. Infernal. Un déferlement, une sorte d’overdose. La 1198 version libre qu’on connaît ? Méconnaissable. Celle-ci est bien plus légère et bien plus puissante. Bien plus bestiale aussi. Près de 12 000 tours avant la coupure, même si je n’ai regardé le tableau de bord qu’une seule fois en quatre tours.
Ce qu’on retrouve, c’est cette rigidité, cet aspect « d’un bloc » lors de la mise sur l’angle. Pour le reste, sonorité comprise, c’est l’explosion. Un engin ultra-délicat à dompter à cause de la personnalité démoniaque de sa mécanique, dotée d’une force à faire se décrocher la mâchoire d’un T-Rex. Un sacré choc pour la matière grise comme pour le corps entier, mais ce n’est que du bonheur. Trop bref. (…)"
Retrouvez l’essai des autres machines dans le numéro 3870 de Moto Revue disponible en kiosque jusqu’au 18 novembre ou http://fr.zinio.com/browse/publications/?productId=500258422&offer=500103057&rf=lariviere">en version numérique sur internet.
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